Demain… les monstres

Jean-Yves Mitton signe avec Demain… les monstres une œuvre qui occupe une place singulière dans sa bibliographie, oscillant entre l'esprit pulp des années 80 et une approche résolument « comic » à la française. Publiée en 1995 par un éditeur habituellement réservé aux comics — Semic —, cette collection de cinq fables révèle tout le savoir-faire narratif de Mitton, qui avait déjà orné les fascicules des héros Marvel et dont le parcours se lit presque comme une chronique de l'évolution de la BD de SF en France.
D'emblée, l'album nous plonge dans un univers où l'absurde et la réflexion se mêlent avec une fougue déconcertante. Chaque fable — qu'il s'agisse de Vidéorreur, dans laquelle deux enfants semblent « jouer » à une guerre mondiale thermonucléaire, à l'instar du classique WarGames, ou de Fécondation qui interroge l'improbable intimité avec un extraterrestre — se présente comme une parenthèse mordante sur notre humanité. Dans Deux ex machina, une exploration d'astéroïdes à la dérive, le suspense rappelle celui d'un Alien, nous offrant un frisson d'angoisse à la dernière case. Quant à Atomutants, c'est la visite d'un musée humain « de l'ancien temps », traitée avec un humour savoureux, avant de conclure avec Dernière escale, une méditation touchante sur la question de savoir qui sont réellement les monstres. Le fil rouge de ces récits — tantôt cynique, tantôt tendre — se retrouve dans la première fable, qui établit d'emblée le ton caustique et lucide de l'ensemble.
Le récit se déploie autour de personnages aussi variés qu'inventifs, oscillant entre figures enfantines et archétypes adultes, dans une atmosphère à la fois nostalgique et contemporaine. On se laisse notamment emporter par le charme d'un dessin résolument « old school » qui, dans la première nouvelle, illustre avec brio deux gamins captivés par un mystérieux jeu vidéo apparu subitement sur leur télé — une touche qui rappelle ironiquement l'esthétique des années 80 et qui ne manque pas de susciter l'émerveillement. Ce détail graphique, parmi tant d'autres, contribue à l'aspect magnifiquement travaillé de l'album, dont la qualité visuelle est indéniable.
Quant à mon ressenti, il est impossible de ne pas être séduit par l'effervescence créative qui se dégage de Demain… les monstres. Malgré quelques passages où le dialogue se fait un peu trop prolixe, voire parfois verbeux au point de faire déborder l'ensemble, la force des idées et l'originalité de certaines fables — notamment celle de la « visite » de notre humanité à travers les âges — viennent largement compenser ces légers travers. L'humour grinçant, la tension subtile et l'hommage rendu aux grands classiques, témoignent d'une maîtrise remarquable de l'art du récit court. On sent que Mitton ne se contente pas de raconter des histoires déjà vues ; il y injecte une dose d'ironie et de poésie qui rappelle les influences de Bilal et des planches mythiques de Metal Hurlant, tout en flirtant avec l'esprit révolutionnaire de Watchmen et même du Surfer d'Argent.
Ce petit album se lit comme un concentré d'imagination et de talent, et malgré son apparence parfois démodée — ce qui n'enlève rien à son charme — il est une véritable invitation à redécouvrir les joies d'un comic authentique. Pour tous ceux qui aiment se laisser surprendre par la SF, l'humour acide et l'esprit critique, Demain… les monstres est un incontournable, surtout si vous avez l'occasion de le dénicher à un prix abordable. Et si, comme moi, vous éprouvez une fascination pour l'univers de Mitton, n'hésitez pas à explorer ses autres travaux, notamment après l'excellent Quetzalcoatl ou Attila, qui illustrent toute l'étendue de son parcours, jusqu'à la BD historique. Ce bijou, tantôt irrévérencieux, tantôt émouvant, démontre que la BD peut être un terrain de jeu aussi rigoureux qu'imaginatif — et c'est tout simplement passionnant.
D'emblée, l'album nous plonge dans un univers où l'absurde et la réflexion se mêlent avec une fougue déconcertante. Chaque fable — qu'il s'agisse de Vidéorreur, dans laquelle deux enfants semblent « jouer » à une guerre mondiale thermonucléaire, à l'instar du classique WarGames, ou de Fécondation qui interroge l'improbable intimité avec un extraterrestre — se présente comme une parenthèse mordante sur notre humanité. Dans Deux ex machina, une exploration d'astéroïdes à la dérive, le suspense rappelle celui d'un Alien, nous offrant un frisson d'angoisse à la dernière case. Quant à Atomutants, c'est la visite d'un musée humain « de l'ancien temps », traitée avec un humour savoureux, avant de conclure avec Dernière escale, une méditation touchante sur la question de savoir qui sont réellement les monstres. Le fil rouge de ces récits — tantôt cynique, tantôt tendre — se retrouve dans la première fable, qui établit d'emblée le ton caustique et lucide de l'ensemble.
Le récit se déploie autour de personnages aussi variés qu'inventifs, oscillant entre figures enfantines et archétypes adultes, dans une atmosphère à la fois nostalgique et contemporaine. On se laisse notamment emporter par le charme d'un dessin résolument « old school » qui, dans la première nouvelle, illustre avec brio deux gamins captivés par un mystérieux jeu vidéo apparu subitement sur leur télé — une touche qui rappelle ironiquement l'esthétique des années 80 et qui ne manque pas de susciter l'émerveillement. Ce détail graphique, parmi tant d'autres, contribue à l'aspect magnifiquement travaillé de l'album, dont la qualité visuelle est indéniable.
Quant à mon ressenti, il est impossible de ne pas être séduit par l'effervescence créative qui se dégage de Demain… les monstres. Malgré quelques passages où le dialogue se fait un peu trop prolixe, voire parfois verbeux au point de faire déborder l'ensemble, la force des idées et l'originalité de certaines fables — notamment celle de la « visite » de notre humanité à travers les âges — viennent largement compenser ces légers travers. L'humour grinçant, la tension subtile et l'hommage rendu aux grands classiques, témoignent d'une maîtrise remarquable de l'art du récit court. On sent que Mitton ne se contente pas de raconter des histoires déjà vues ; il y injecte une dose d'ironie et de poésie qui rappelle les influences de Bilal et des planches mythiques de Metal Hurlant, tout en flirtant avec l'esprit révolutionnaire de Watchmen et même du Surfer d'Argent.
Ce petit album se lit comme un concentré d'imagination et de talent, et malgré son apparence parfois démodée — ce qui n'enlève rien à son charme — il est une véritable invitation à redécouvrir les joies d'un comic authentique. Pour tous ceux qui aiment se laisser surprendre par la SF, l'humour acide et l'esprit critique, Demain… les monstres est un incontournable, surtout si vous avez l'occasion de le dénicher à un prix abordable. Et si, comme moi, vous éprouvez une fascination pour l'univers de Mitton, n'hésitez pas à explorer ses autres travaux, notamment après l'excellent Quetzalcoatl ou Attila, qui illustrent toute l'étendue de son parcours, jusqu'à la BD historique. Ce bijou, tantôt irrévérencieux, tantôt émouvant, démontre que la BD peut être un terrain de jeu aussi rigoureux qu'imaginatif — et c'est tout simplement passionnant.
Ma note87%
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