HPI (saison 5, partie 2)
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La série phénomène de Nicolas Jean et Alice Chegaray-Breugnot tire sa révérence avec cette deuxième partie de saison 5, après avoir conquis des millions de téléspectateurs français grâce au duo improbable formé par Audrey Fleurot et Mehdi Nebbou. L'attente était palpable depuis la pause estivale, d'autant que TF1 avait promis une conclusion à la hauteur de ce qui reste l'un des plus gros succès de la télévision française contemporaine.
Cette ultime salve nous retrouve Morgane et Karadec dans une configuration inédite : séparés, mais pas vraiment, dans cette guerre des ex qui oscille entre comédie de situation et mélancolie assumée. Morgane a troqué la cohabitation forcée contre une vie nomade en camping-car, tandis que Karadec tente de retrouver ses marques dans un quotidien enfin ordonné. Entre les deux, les enquêtes continuent de s'enchaîner : un champion d'e-sport empoisonné, une escapade flamande à Bruges, et surtout ce fameux oral de police qui structure l'épisode final comme un mélange audacieux entre enquête et récit à tiroirs.
Le scénario de cette dernière partie révèle à la fois les forces et les limites d'HPI. D'un côté, cette capacité à se renouveler dans la forme (l'épisode final joue remarquablement avec la structure narrative, mêlant flashbacks et présent dans une mise en abyme qui rappelle les meilleurs moments de Usual suspects). De l'autre, cette tendance persistante au recyclage de formules éprouvées. Car soyons honnêtes, le concept reste interchangeable d'une série policière à l'autre : un duo dépareillé, un flic carré face à une consultante fantasque. On pourrait facilement imaginer Odile Vuillemin dans Profilage ou Simon Baker dans Mentalist naviguer dans les mêmes eaux narratives.
Cette observation n'empêche pas d'apprécier la sincérité avec laquelle les scénaristes abordent la conclusion de leur histoire. Contrairement à d'autres séries qui s'essoufflent dans des conclusions bâclées, HPI assume ses choix dramatiques. Le traitement de la possible romance entre Morgane et Karadec évite ainsi les écueils du happy end forcé, préférant une ambiguïté qui colle mieux à la personnalité de ces deux écorchés de la vie.
Morgane Alvaro reste ce personnage fascinant de contradiction : génie et bordélique, attachante et exaspérante à la fois. Son évolution sur ces quatre derniers épisodes révèle une certaine maturité, même si elle conserve cette capacité à foutre le bazar partout où elle passe. Karadec, de son côté, gagne en humanité, laissant entrevoir ses failles derrière le masque du policier irréprochable. Leur dynamique, qui a fait le sel de la série, trouve ici une résolution qui satisfait sans décevoir. D'ailleurs, Mehdi Nebbou avait confié dans une interview qu'il ne souhaitait pas voir les deux personnages ensemble, estimant que leur relation fonctionnait mieux dans l'ambiguïté.
La série continue d'explorer avec un certain à-propos les questions du haut potentiel intellectuel, même si elle tombe parfois dans les clichés du genre. Cette représentation de la neurodivergence, bien qu'imparfaite, a eu le mérite d'ouvrir le débat sur ces questions dans l'espace public français. Plus largement, HPI interroge notre rapport à la différence, à l'intégration sociale, et à la possibilité de rédemption par le travail. Le parcours de Morgane, de femme de ménage à consultante police, puis candidate au concours officiel, dessine un arc narratif cohérent sur l'émancipation sociale.
Visuellement, cette dernière partie maintient le niveau de qualité habituel de la série. Les extérieurs lillois continuent de donner un cachet provincial bienvenu à l'ensemble (on ne dira jamais assez combien il était rafraîchissant de voir une série policière française s'éloigner de l'axe Paris-Marseille). L'épisode à Bruges apporte même une dimension internationale plutôt réussie, même si l'on sent parfois les contraintes budgétaires pointer le bout de leur nez. La réalisation de Jean-Philippe Amar et Mona Bauer reste dynamique sans tomber dans la surenchère visuelle.
C'est finalement dans le jeu des acteurs que cette conclusion trouve sa plus belle réussite. Audrey Fleurot confirme sa maîtrise absolue du personnage, dosant avec une précision chirurgicale le cabotinage assumé et l'émotion sincère. Sa Morgane aurait pu virer à la caricature (et c'est parfois limite), mais l'actrice maintient toujours ce petit quelque chose qui rend le personnage attachant malgré ses excès. Mehdi Nebbou, plus en retrait par nature, compose un Karadec touchant dans ses contradictions. Le casting secondaire, de Marie Denarnaud à Bruno Sanches, maintient le niveau d'ensemble qui a fait la force de la série.
Au final, cette deuxième partie de saison 5 d'HPI offre une conclusion honorable à une série qui aura marqué son époque. Certes, on reste dans un divertissement calibré pour un large public, avec ses facilités scénaristiques et ses petits arrangements avec la vraisemblance policière. Mais cette capacité à divertir sans prendre les spectateurs pour des imbéciles, à mélanger enquêtes policières et comédie de caractère avec un savoir-faire certain, force le respect. Un final qui ose, qui tente, et qui réussit plutôt bien. Dommage que la série s'arrête, puisqu'il y avait de quoi continuer le format à l'envi. Reste que cette conclusion est dans le ton de la série, et n'est pas décevante. Pour les nostalgiques du duo improbable, il reste toujours Balthazar ou les rediffusions de Castle en attendant le prochain phénomène télévisuel français.
Cette ultime salve nous retrouve Morgane et Karadec dans une configuration inédite : séparés, mais pas vraiment, dans cette guerre des ex qui oscille entre comédie de situation et mélancolie assumée. Morgane a troqué la cohabitation forcée contre une vie nomade en camping-car, tandis que Karadec tente de retrouver ses marques dans un quotidien enfin ordonné. Entre les deux, les enquêtes continuent de s'enchaîner : un champion d'e-sport empoisonné, une escapade flamande à Bruges, et surtout ce fameux oral de police qui structure l'épisode final comme un mélange audacieux entre enquête et récit à tiroirs.
Le scénario de cette dernière partie révèle à la fois les forces et les limites d'HPI. D'un côté, cette capacité à se renouveler dans la forme (l'épisode final joue remarquablement avec la structure narrative, mêlant flashbacks et présent dans une mise en abyme qui rappelle les meilleurs moments de Usual suspects). De l'autre, cette tendance persistante au recyclage de formules éprouvées. Car soyons honnêtes, le concept reste interchangeable d'une série policière à l'autre : un duo dépareillé, un flic carré face à une consultante fantasque. On pourrait facilement imaginer Odile Vuillemin dans Profilage ou Simon Baker dans Mentalist naviguer dans les mêmes eaux narratives.
Cette observation n'empêche pas d'apprécier la sincérité avec laquelle les scénaristes abordent la conclusion de leur histoire. Contrairement à d'autres séries qui s'essoufflent dans des conclusions bâclées, HPI assume ses choix dramatiques. Le traitement de la possible romance entre Morgane et Karadec évite ainsi les écueils du happy end forcé, préférant une ambiguïté qui colle mieux à la personnalité de ces deux écorchés de la vie.
Morgane Alvaro reste ce personnage fascinant de contradiction : génie et bordélique, attachante et exaspérante à la fois. Son évolution sur ces quatre derniers épisodes révèle une certaine maturité, même si elle conserve cette capacité à foutre le bazar partout où elle passe. Karadec, de son côté, gagne en humanité, laissant entrevoir ses failles derrière le masque du policier irréprochable. Leur dynamique, qui a fait le sel de la série, trouve ici une résolution qui satisfait sans décevoir. D'ailleurs, Mehdi Nebbou avait confié dans une interview qu'il ne souhaitait pas voir les deux personnages ensemble, estimant que leur relation fonctionnait mieux dans l'ambiguïté.
La série continue d'explorer avec un certain à-propos les questions du haut potentiel intellectuel, même si elle tombe parfois dans les clichés du genre. Cette représentation de la neurodivergence, bien qu'imparfaite, a eu le mérite d'ouvrir le débat sur ces questions dans l'espace public français. Plus largement, HPI interroge notre rapport à la différence, à l'intégration sociale, et à la possibilité de rédemption par le travail. Le parcours de Morgane, de femme de ménage à consultante police, puis candidate au concours officiel, dessine un arc narratif cohérent sur l'émancipation sociale.
Visuellement, cette dernière partie maintient le niveau de qualité habituel de la série. Les extérieurs lillois continuent de donner un cachet provincial bienvenu à l'ensemble (on ne dira jamais assez combien il était rafraîchissant de voir une série policière française s'éloigner de l'axe Paris-Marseille). L'épisode à Bruges apporte même une dimension internationale plutôt réussie, même si l'on sent parfois les contraintes budgétaires pointer le bout de leur nez. La réalisation de Jean-Philippe Amar et Mona Bauer reste dynamique sans tomber dans la surenchère visuelle.
C'est finalement dans le jeu des acteurs que cette conclusion trouve sa plus belle réussite. Audrey Fleurot confirme sa maîtrise absolue du personnage, dosant avec une précision chirurgicale le cabotinage assumé et l'émotion sincère. Sa Morgane aurait pu virer à la caricature (et c'est parfois limite), mais l'actrice maintient toujours ce petit quelque chose qui rend le personnage attachant malgré ses excès. Mehdi Nebbou, plus en retrait par nature, compose un Karadec touchant dans ses contradictions. Le casting secondaire, de Marie Denarnaud à Bruno Sanches, maintient le niveau d'ensemble qui a fait la force de la série.
Au final, cette deuxième partie de saison 5 d'HPI offre une conclusion honorable à une série qui aura marqué son époque. Certes, on reste dans un divertissement calibré pour un large public, avec ses facilités scénaristiques et ses petits arrangements avec la vraisemblance policière. Mais cette capacité à divertir sans prendre les spectateurs pour des imbéciles, à mélanger enquêtes policières et comédie de caractère avec un savoir-faire certain, force le respect. Un final qui ose, qui tente, et qui réussit plutôt bien. Dommage que la série s'arrête, puisqu'il y avait de quoi continuer le format à l'envi. Reste que cette conclusion est dans le ton de la série, et n'est pas décevante. Pour les nostalgiques du duo improbable, il reste toujours Balthazar ou les rediffusions de Castle en attendant le prochain phénomène télévisuel français.
Ma note48%
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