Kaamelott : deuxième volet (partie 1)
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Quatre ans se sont écoulés depuis qu'Alexandre Astier nous avait ramené le roi Arthur sur grand écran, et voilà que le réalisateur-scénariste-compositeur-acteur lyonnais revient avec la première partie de son deuxième volet, réunissant une distribution pléthorique de 78 acteurs. L'attente était palpable, entre l'excitation des fans inconditionnels et la méfiance de ceux qu'avait déçus le premier opus. Cette fois, le tournage s'est étalé sur huit mois titanesques, depuis l'été 2024 jusqu'en février dernier, avec un budget de 19,6 millions d'euros qui en fait le neuvième film français le plus cher de l'année.
L'histoire reprend là où nous l'avions laissée : les dieux sont furieux contre Arthur qui a épargné Lancelot au lieu de l'exécuter, et le royaume de Logres court à sa perte. Notre roi dépressif réunit ses chevaliers autour d'une nouvelle Table Ronde et les envoie aux quatre coins du monde prouver leur valeur, des marais orcaniens aux terres glacées du Dragon Opalescent. Le château de Kaamelott n'est plus que ruines, et c'est depuis la Carmélide qu'Arthur tente de reconstituer son pouvoir vacillant.
Le scénario présente une structure chorale ambitieuse, multipliant les quêtes parallèles avec des groupes de personnages qui partent dans toutes les directions. Cette approche permet de varier les ambiances et les tonalités, mais elle révèle aussi les limites d'Astier en tant que monteur. Les transitions entre les différentes intrigues sont souvent brutales, créant un faux rythme qui donne parfois l'impression de regarder plusieurs épisodes de série accolés plutôt qu'un film cohérent. Les quêtes elles-mêmes sont inégales : certaines captivent par leur inventivité, d'autres, comme celle du Dragon Opalescent tournée en Islande, tombent comme un cheveu sur la soupe sans qu'on comprenne vraiment leur utilité dans l'économie générale du récit. La fin du film, qui coupe littéralement en plein milieu d'une scène, laisse pantois tant elle semble arbitraire.
Les personnages évoluent de manière contrastée. Karadoc, interprété par Jean-Christophe Hembert, gagne en profondeur et devient moins insupportable que dans les précédents opus, reprenant même une partie de l'arc narratif qu'aurait dû suivre Perceval (dont l'absence s'explique par le refus de Franck Pitiot de reprendre son rôle après avoir lu le scénario). Arthur lui-même pose problème : après tout le chemin parcouru dans le premier volet, on le retrouve ici passif, errant en tunique dans les couloirs du château, comme si cette reconstruction psychologique n'avait servi à rien. Les nouveaux venus sont trop nombreux pour qu'on s'y attache vraiment, et Virginie Ledoyen reprend le rôle d'Anna de Tintagel sans qu'on comprenne vraiment l'intérêt de ce changement d'interprète.
Sur le plan thématique, Astier continue d'explorer la fatigue du pouvoir et la difficile reconstruction après l'effondrement. La question de la légitimité traverse tout le film : qui mérite de siéger à la Table Ronde ? Comment prouver sa valeur quand le royaume lui-même n'existe plus vraiment ? Ces interrogations résonnent avec une certaine actualité, mais elles peinent à trouver une expression cinématographique forte, diluées qu'elles sont dans la multiplication des sous-intrigues.
Visuellement, il faut reconnaître que ce deuxième volet marque une nette progression. L'image fait enfin « cinéma », avec une photographie soignée qui tire parti des décors naturels spectaculaires : des falaises islandaises aux châteaux français en passant par les paysages maltais. Les costumes sont somptueux, les effets spéciaux convaincants sans être envahissants. Astier a composé lui-même une bande originale ambitieuse, enregistrée avec l'Orchestre National de Lyon. On sent qu'il a voulu donner de l'ampleur à son univers, et sur ce plan, c'est plutôt réussi. Pour les scènes les plus délicates, le réalisateur imposait d'ailleurs un silence absolu sur le plateau, n'hésitant pas à dire à ses 90 techniciens : « foutez-lui la paix, il respire », notamment lors de la périlleuse scène sous-marine où il a dû apprendre la plongée en apnée au dernier moment, la machine amphibie prévue n'ayant pas été construite.
Le jeu des acteurs reste dans la continuité de ce qu'on connaît de l'univers Kaamelott. Christian Clavier vole littéralement la vedette lors de ses deux minutes de présence, rappelant que la série fonctionnait avant tout sur le cabotinage assumé de ses interprètes. Alain Chabat reprend avec bonheur son rôle du Duc d'Aquitaine, Audrey Fleurot continue de surjouer délicieusement la Dame du Lac, et les piliers historiques comme Lionnel Astier (Léodagan) ou Anne Girouard (Guenièvre) assurent le service minimum. Parmi les nouveaux venus, Haroun et Moguiz s'intègrent naturellement à l'univers, mais Redouane Bougheraba détonne complètement, comme s'il venait d'un autre film.
Au final, cette première partie du deuxième volet laisse une impression mitigée. Techniquement plus abouti que son prédécesseur, doté de vrais moments de grâce visuelle et de quelques fulgurances dialoguées qui rappellent le meilleur de la série, le film souffre néanmoins d'un montage approximatif et d'une narration éclatée qui peine à maintenir l'attention sur la durée. C'est un film de transition, qui pose des jalons sans vraiment raconter une histoire complète, et qui ne prendra probablement son sens qu'avec la sortie de la deuxième partie en novembre 2026. Pour les fans, ce sera suffisant pour patienter. Pour les autres, l'impression de piétinement risque de dominer. Rendez-vous dans un an pour voir si Astier parviendra enfin à boucler sa quête du Graal cinématographique.
L'histoire reprend là où nous l'avions laissée : les dieux sont furieux contre Arthur qui a épargné Lancelot au lieu de l'exécuter, et le royaume de Logres court à sa perte. Notre roi dépressif réunit ses chevaliers autour d'une nouvelle Table Ronde et les envoie aux quatre coins du monde prouver leur valeur, des marais orcaniens aux terres glacées du Dragon Opalescent. Le château de Kaamelott n'est plus que ruines, et c'est depuis la Carmélide qu'Arthur tente de reconstituer son pouvoir vacillant.
Le scénario présente une structure chorale ambitieuse, multipliant les quêtes parallèles avec des groupes de personnages qui partent dans toutes les directions. Cette approche permet de varier les ambiances et les tonalités, mais elle révèle aussi les limites d'Astier en tant que monteur. Les transitions entre les différentes intrigues sont souvent brutales, créant un faux rythme qui donne parfois l'impression de regarder plusieurs épisodes de série accolés plutôt qu'un film cohérent. Les quêtes elles-mêmes sont inégales : certaines captivent par leur inventivité, d'autres, comme celle du Dragon Opalescent tournée en Islande, tombent comme un cheveu sur la soupe sans qu'on comprenne vraiment leur utilité dans l'économie générale du récit. La fin du film, qui coupe littéralement en plein milieu d'une scène, laisse pantois tant elle semble arbitraire.
Les personnages évoluent de manière contrastée. Karadoc, interprété par Jean-Christophe Hembert, gagne en profondeur et devient moins insupportable que dans les précédents opus, reprenant même une partie de l'arc narratif qu'aurait dû suivre Perceval (dont l'absence s'explique par le refus de Franck Pitiot de reprendre son rôle après avoir lu le scénario). Arthur lui-même pose problème : après tout le chemin parcouru dans le premier volet, on le retrouve ici passif, errant en tunique dans les couloirs du château, comme si cette reconstruction psychologique n'avait servi à rien. Les nouveaux venus sont trop nombreux pour qu'on s'y attache vraiment, et Virginie Ledoyen reprend le rôle d'Anna de Tintagel sans qu'on comprenne vraiment l'intérêt de ce changement d'interprète.
Sur le plan thématique, Astier continue d'explorer la fatigue du pouvoir et la difficile reconstruction après l'effondrement. La question de la légitimité traverse tout le film : qui mérite de siéger à la Table Ronde ? Comment prouver sa valeur quand le royaume lui-même n'existe plus vraiment ? Ces interrogations résonnent avec une certaine actualité, mais elles peinent à trouver une expression cinématographique forte, diluées qu'elles sont dans la multiplication des sous-intrigues.
Visuellement, il faut reconnaître que ce deuxième volet marque une nette progression. L'image fait enfin « cinéma », avec une photographie soignée qui tire parti des décors naturels spectaculaires : des falaises islandaises aux châteaux français en passant par les paysages maltais. Les costumes sont somptueux, les effets spéciaux convaincants sans être envahissants. Astier a composé lui-même une bande originale ambitieuse, enregistrée avec l'Orchestre National de Lyon. On sent qu'il a voulu donner de l'ampleur à son univers, et sur ce plan, c'est plutôt réussi. Pour les scènes les plus délicates, le réalisateur imposait d'ailleurs un silence absolu sur le plateau, n'hésitant pas à dire à ses 90 techniciens : « foutez-lui la paix, il respire », notamment lors de la périlleuse scène sous-marine où il a dû apprendre la plongée en apnée au dernier moment, la machine amphibie prévue n'ayant pas été construite.
Le jeu des acteurs reste dans la continuité de ce qu'on connaît de l'univers Kaamelott. Christian Clavier vole littéralement la vedette lors de ses deux minutes de présence, rappelant que la série fonctionnait avant tout sur le cabotinage assumé de ses interprètes. Alain Chabat reprend avec bonheur son rôle du Duc d'Aquitaine, Audrey Fleurot continue de surjouer délicieusement la Dame du Lac, et les piliers historiques comme Lionnel Astier (Léodagan) ou Anne Girouard (Guenièvre) assurent le service minimum. Parmi les nouveaux venus, Haroun et Moguiz s'intègrent naturellement à l'univers, mais Redouane Bougheraba détonne complètement, comme s'il venait d'un autre film.
Au final, cette première partie du deuxième volet laisse une impression mitigée. Techniquement plus abouti que son prédécesseur, doté de vrais moments de grâce visuelle et de quelques fulgurances dialoguées qui rappellent le meilleur de la série, le film souffre néanmoins d'un montage approximatif et d'une narration éclatée qui peine à maintenir l'attention sur la durée. C'est un film de transition, qui pose des jalons sans vraiment raconter une histoire complète, et qui ne prendra probablement son sens qu'avec la sortie de la deuxième partie en novembre 2026. Pour les fans, ce sera suffisant pour patienter. Pour les autres, l'impression de piétinement risque de dominer. Rendez-vous dans un an pour voir si Astier parviendra enfin à boucler sa quête du Graal cinématographique.
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