La ligue des gentlemen extraordinaires
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Certains films suscitent une certaine attente, un espoir un peu naïf que l'industrie du cinéma saura faire honneur à une œuvre originale et captivante. La ligue des gentlemen extraordinaires aurait pu être de ceux-là. Avec une base aussi prometteuse qu'une bande dessinée signée Alan Moore et Kevin O'Neill, un casting porté par Sean Connery et un réalisateur, Stephen Norrington, qui avait plutôt bien mené Blade, on était en droit d'attendre un film à la fois intelligent, spectaculaire et respectueux de son matériau d'origine. Mais voilà, entre ce qu'on attend et ce qu'on obtient, il y a parfois un gouffre.
L'histoire suit Allan Quatermain, chasseur légendaire et gentleman fatigué, qui se retrouve embarqué dans une mission secrète pour stopper une menace mondiale. Il est rejoint par une équipe improbable : Mina Harker, mystérieusement devenue une vampire ; le capitaine Nemo, un génie naval sous-exploité ; l'homme invisible Skinner, le comique de service ; Tom Sawyer, ajouté à la BD pour plaire aux Américains ; Dorian Gray, le traître le plus évident de l'histoire du cinéma ; et enfin, Jekyll/Hyde, seul personnage avec un semblant de relief. Leur mission les mène de Londres à Venise, puis en Mongolie, dans un enchaînement de péripéties de plus en plus improbables où les incohérences scénaristiques se disputent à la surenchère numérique.
Si l'on passe rapidement sur le fait que l'intrigue ne fait aucun sens et que les motivations du méchant sont dignes d'un épisode d'Inspecteur Gadget, on ne peut s'empêcher de remarquer que le film rate tout ce qui fait la richesse de la BD. L'œuvre originale se distinguait par son intelligence, son humour noir et sa relecture acérée des figures littéraires du XIXe siècle. Ici, tout est dilué dans un spectacle bruyant et boursouflé, où chaque scène semble conçue pour remplir un cahier des charges hollywoodien sans âme. Les quelques idées intéressantes sont vite noyées sous un déluge d'effets numériques douteux et de dialogues insipides.
Les personnages souffrent du même problème. Là où la BD offrait une galerie de figures complexes et nuancées, le film simplifie tout à outrance. Quatermain devient une figure paternelle convenue, Mina perd toute sa subtilité pour se transformer en vampire sexy et passe-partout, Nemo est réduit à son rôle de chauffeur attitré du Nautilus, et Dorian Gray affiche un air tellement suspect dès sa première apparition qu'il est difficile de croire que personne ne le grille immédiatement. Seuls Jekyll et Hyde bénéficient d'un traitement un peu plus intéressant, avec une exploration, certes limitée, de leur dualité.
Le film tente bien de proposer quelques thématiques, notamment sur l'individualisme et la nécessité du travail en équipe, mais tout est tellement grossier et prévisible qu'aucune idée ne prend réellement corps. La Ligue des gentlemen extraordinaires aurait pu être une réflexion sur le progrès, la science et la moralité des figures héroïques, mais préfère enchaîner les séquences d'action sans réel impact narratif. On sent pourtant quelques traces des ambitions initiales, notamment dans l'utilisation de références littéraires ou dans certains designs steampunk intéressants, mais l'ensemble manque cruellement de substance.
Techniquement, le film est un festival d'effets numériques ratés. Si le Nautilus a une gueule imposante (et un gabarit complètement absurde, surtout quand il navigue dans les canaux de Venise…), le reste de la direction artistique oscille entre le générique et le kitsch. Les combats manquent de lisibilité, la mise en scène est rigide et l'ensemble donne une impression de lourdeur. Quant à la musique de Trevor Jones, elle fait son travail sans génie, soulignant mécaniquement les moments censés être épiques ou émouvants sans jamais réellement transcender l'action.
Les acteurs, de leur côté, font ce qu'ils peuvent avec ce qu'on leur donne. Sean Connery est toujours charismatique, mais on le sent en pilote automatique, sans réelle conviction. D'ailleurs, l'expérience du tournage a été si catastrophique qu'il a décidé de prendre sa retraite après ce film. Stuart Townsend joue Dorian Gray avec l'arrogance de rigueur, mais sans nuance, Peta Wilson semble absente et Shane West n'apporte rien de mémorable à Tom Sawyer. Seul Jason Flemyng parvient à insuffler un peu d'épaisseur à son Jekyll/Hyde, mais cela ne suffit pas à sauver le film.
La ligue des gentlemen extraordinaires est une immense déception, à la hauteur de ce qu'elle aurait pu être. Plutôt que d'offrir un film d'aventure intelligent et stylisé, on se retrouve avec un produit hollywoodien standardisé, sans âme ni réelle vision artistique. Ce qui aurait dû être une célébration de la littérature et du steampunk devient un blockbuster sans saveur, un de ces films qui, malgré leurs explosions et leurs effets spéciaux, laissent un sentiment de vide une fois le générique de fin arrivé. Pour ceux qui veulent voir comment un concept pareil peut être bien traité, autant se replonger dans la BD originale ou revoir From Hell, une autre adaptation d'Alan Moore qui, sans être parfaite, a au moins le mérite de respecter son esprit. Quant à ce film ? Oublions-le, et passons à autre chose.
L'histoire suit Allan Quatermain, chasseur légendaire et gentleman fatigué, qui se retrouve embarqué dans une mission secrète pour stopper une menace mondiale. Il est rejoint par une équipe improbable : Mina Harker, mystérieusement devenue une vampire ; le capitaine Nemo, un génie naval sous-exploité ; l'homme invisible Skinner, le comique de service ; Tom Sawyer, ajouté à la BD pour plaire aux Américains ; Dorian Gray, le traître le plus évident de l'histoire du cinéma ; et enfin, Jekyll/Hyde, seul personnage avec un semblant de relief. Leur mission les mène de Londres à Venise, puis en Mongolie, dans un enchaînement de péripéties de plus en plus improbables où les incohérences scénaristiques se disputent à la surenchère numérique.
Si l'on passe rapidement sur le fait que l'intrigue ne fait aucun sens et que les motivations du méchant sont dignes d'un épisode d'Inspecteur Gadget, on ne peut s'empêcher de remarquer que le film rate tout ce qui fait la richesse de la BD. L'œuvre originale se distinguait par son intelligence, son humour noir et sa relecture acérée des figures littéraires du XIXe siècle. Ici, tout est dilué dans un spectacle bruyant et boursouflé, où chaque scène semble conçue pour remplir un cahier des charges hollywoodien sans âme. Les quelques idées intéressantes sont vite noyées sous un déluge d'effets numériques douteux et de dialogues insipides.
Les personnages souffrent du même problème. Là où la BD offrait une galerie de figures complexes et nuancées, le film simplifie tout à outrance. Quatermain devient une figure paternelle convenue, Mina perd toute sa subtilité pour se transformer en vampire sexy et passe-partout, Nemo est réduit à son rôle de chauffeur attitré du Nautilus, et Dorian Gray affiche un air tellement suspect dès sa première apparition qu'il est difficile de croire que personne ne le grille immédiatement. Seuls Jekyll et Hyde bénéficient d'un traitement un peu plus intéressant, avec une exploration, certes limitée, de leur dualité.
Le film tente bien de proposer quelques thématiques, notamment sur l'individualisme et la nécessité du travail en équipe, mais tout est tellement grossier et prévisible qu'aucune idée ne prend réellement corps. La Ligue des gentlemen extraordinaires aurait pu être une réflexion sur le progrès, la science et la moralité des figures héroïques, mais préfère enchaîner les séquences d'action sans réel impact narratif. On sent pourtant quelques traces des ambitions initiales, notamment dans l'utilisation de références littéraires ou dans certains designs steampunk intéressants, mais l'ensemble manque cruellement de substance.
Techniquement, le film est un festival d'effets numériques ratés. Si le Nautilus a une gueule imposante (et un gabarit complètement absurde, surtout quand il navigue dans les canaux de Venise…), le reste de la direction artistique oscille entre le générique et le kitsch. Les combats manquent de lisibilité, la mise en scène est rigide et l'ensemble donne une impression de lourdeur. Quant à la musique de Trevor Jones, elle fait son travail sans génie, soulignant mécaniquement les moments censés être épiques ou émouvants sans jamais réellement transcender l'action.
Les acteurs, de leur côté, font ce qu'ils peuvent avec ce qu'on leur donne. Sean Connery est toujours charismatique, mais on le sent en pilote automatique, sans réelle conviction. D'ailleurs, l'expérience du tournage a été si catastrophique qu'il a décidé de prendre sa retraite après ce film. Stuart Townsend joue Dorian Gray avec l'arrogance de rigueur, mais sans nuance, Peta Wilson semble absente et Shane West n'apporte rien de mémorable à Tom Sawyer. Seul Jason Flemyng parvient à insuffler un peu d'épaisseur à son Jekyll/Hyde, mais cela ne suffit pas à sauver le film.
La ligue des gentlemen extraordinaires est une immense déception, à la hauteur de ce qu'elle aurait pu être. Plutôt que d'offrir un film d'aventure intelligent et stylisé, on se retrouve avec un produit hollywoodien standardisé, sans âme ni réelle vision artistique. Ce qui aurait dû être une célébration de la littérature et du steampunk devient un blockbuster sans saveur, un de ces films qui, malgré leurs explosions et leurs effets spéciaux, laissent un sentiment de vide une fois le générique de fin arrivé. Pour ceux qui veulent voir comment un concept pareil peut être bien traité, autant se replonger dans la BD originale ou revoir From Hell, une autre adaptation d'Alan Moore qui, sans être parfaite, a au moins le mérite de respecter son esprit. Quant à ce film ? Oublions-le, et passons à autre chose.
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