Antarès, épisode 3

Treizième album de la saga des Mondes d'Aldébaran, et Leo est désormais une institution discrète, mais solide de la BD franco-belge. Ce Brésilien installé en France depuis 1981, qui signe seul le scénario, le dessin et les couleurs depuis le premier tome d'Aldébaran en 1994, a construit un univers d'une cohérence rare sur plus de vingt ans. Fait notable pour ce cycle : Antarès est le seul à s'étirer sur six tomes au lieu des cinq habituels ; une décision que certains lecteurs jugent injustifiée, mais qui permet à Leo de prendre son temps sur une planète qu'il semble vouloir épuiser complètement avant d'en sortir.
Kim et son groupe sont échoués sur Antarès, séparés du camp de base par quelque 7 000 kilomètres d'un terrain franchement peu accueillant. Ils transportent une blessée grave, la mort rôde, et il faut avancer coûte que coûte à travers une jungle hostile dont chaque recoin abrite une créature prête à vous avaler. Ce tome, c'est avant tout un récit de survie ; et c'est là que Leo est le plus à l'aise. Le rythme est prenant, dense, sans temps mort inutile. La planète Antarès est la plus meurtrière de toute la saga : là où Aldébaran était globalement bienveillante et Bételgeuse franchement hostile, Antarès semble avoir décidé d'exterminer quiconque s'y pose. Le bestiaire est à la hauteur de cette réputation : inventif, varié, cohérent dans sa logique écologique. On pense par moments à Starship troopers, sans l'ironie militariste, mais avec la même conviction que la nature extraterrestre est fondamentalement indifférente à votre survie.
Il y a cependant un petit problème de crédibilité dramatique qu'on ne peut pas complètement ignorer : les personnages issus des cycles précédents — Kim, Marc, Alexa, Pad — bénéficient d'un bouclier scénaristique assez évident. On sait bien que Leo ne va pas tuer ses héros de longue date à mi-parcours du troisième cycle. Ce qui crée une asymétrie : on tremble pour les nouveaux venus, dont la survie est incertaine, et on suit les anciens avec une sérénité un peu trop confortable. Ce n'est pas rédhibitoire, c'est simplement la rançon d'une saga aussi longue.
La grande réussite de ce tome se joue sur sa dernière ligne droite. La disparition de Lynn — la fille de Kim, née de sa nuit avec l'extraterrestre Sven, créature hybride aux capacités encore mystérieuses — ouvre une perspective inattendue vers Antarès-4, la planète voisine d'où semblent provenir les rayons qui font disparaître les êtres vivants. Ce n'est pas une mort, c'est une invitation : Leo installe là un enjeu narratif fort, et on sent pour la première fois depuis le début du cycle qu'on n'est vraiment pas au bout de ses surprises. Ce troisième cycle est plein de promesses ; ce tome en est la meilleure démonstration. Les inévitables digressions sentimentales autour de Marc et Kim, les dialogues parfois convenus, le méchant caricatural qu'est Jedediah Thornton : tout ça est là, immuable, mais ça ne pèse pas assez lourd pour gâcher une lecture qui tient le rythme de bout en bout. Un bon tome de milieu de cycle, avec une fin qui relance la machine là où on ne l'attendait pas.
Kim et son groupe sont échoués sur Antarès, séparés du camp de base par quelque 7 000 kilomètres d'un terrain franchement peu accueillant. Ils transportent une blessée grave, la mort rôde, et il faut avancer coûte que coûte à travers une jungle hostile dont chaque recoin abrite une créature prête à vous avaler. Ce tome, c'est avant tout un récit de survie ; et c'est là que Leo est le plus à l'aise. Le rythme est prenant, dense, sans temps mort inutile. La planète Antarès est la plus meurtrière de toute la saga : là où Aldébaran était globalement bienveillante et Bételgeuse franchement hostile, Antarès semble avoir décidé d'exterminer quiconque s'y pose. Le bestiaire est à la hauteur de cette réputation : inventif, varié, cohérent dans sa logique écologique. On pense par moments à Starship troopers, sans l'ironie militariste, mais avec la même conviction que la nature extraterrestre est fondamentalement indifférente à votre survie.
Il y a cependant un petit problème de crédibilité dramatique qu'on ne peut pas complètement ignorer : les personnages issus des cycles précédents — Kim, Marc, Alexa, Pad — bénéficient d'un bouclier scénaristique assez évident. On sait bien que Leo ne va pas tuer ses héros de longue date à mi-parcours du troisième cycle. Ce qui crée une asymétrie : on tremble pour les nouveaux venus, dont la survie est incertaine, et on suit les anciens avec une sérénité un peu trop confortable. Ce n'est pas rédhibitoire, c'est simplement la rançon d'une saga aussi longue.
La grande réussite de ce tome se joue sur sa dernière ligne droite. La disparition de Lynn — la fille de Kim, née de sa nuit avec l'extraterrestre Sven, créature hybride aux capacités encore mystérieuses — ouvre une perspective inattendue vers Antarès-4, la planète voisine d'où semblent provenir les rayons qui font disparaître les êtres vivants. Ce n'est pas une mort, c'est une invitation : Leo installe là un enjeu narratif fort, et on sent pour la première fois depuis le début du cycle qu'on n'est vraiment pas au bout de ses surprises. Ce troisième cycle est plein de promesses ; ce tome en est la meilleure démonstration. Les inévitables digressions sentimentales autour de Marc et Kim, les dialogues parfois convenus, le méchant caricatural qu'est Jedediah Thornton : tout ça est là, immuable, mais ça ne pèse pas assez lourd pour gâcher une lecture qui tient le rythme de bout en bout. Un bon tome de milieu de cycle, avec une fin qui relance la machine là où on ne l'attendait pas.
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