Antarès, épisode 4

Quatorzième album de la saga des Mondes d'Aldébaran, sorti en octobre 2011 dans une configuration un peu particulière : Leo publie ce mois-là deux albums simultanément chez Dargaud : ce tome 4 d'Antarès et le tome 4 de Terres lointaines, une autre série dont il assure le scénario avec Icar au dessin. Ce genre de double parution est exceptionnel dans la bibliographie d'un auteur qui travaille habituellement à un rythme annuel. On peut se demander si ça n'explique pas en partie les quelques signes de précipitation qu'on perçoit dans ce volume… mais ne brûlons pas les étapes.
Kim cherche toujours à rejoindre sa fille Lynn, disparue dans un rayon lumineux en provenance d'Antarès-4, la planète voisine. Elle et son groupe sont encore en chemin vers le camp de base, leur véhicule tombe en panne, ils se réfugient dans une caverne et croisent de nouvelles créatures, parmi lesquelles une limace suceuse de sang et ce que les lecteurs ont surnommé la « girafe double étage », une bête sur deux niveaux qui a fait débat sur son réalisme biologique. Leo ne manque pas d'imagination, c'est certain. Pendant ce temps, au camp de base, les frères Thornton ont pris le pouvoir et imposé aux femmes un habit gonflé censé les soustraire aux regards ; satire directe des intégrismes contemporains, traitée sans nuances, mais avec une efficacité visuelle certaine.
La vraie réussite du tome, c'est la découverte dans la caverne de peintures rupestres dues à des mains humaines ; ou du moins très ressemblantes. Le choc de réaliser que des humains ont pu passer par là avant l'expédition est franchement bien rendu. C'est le genre de révélation qui change rétrospectivement la lecture de tout ce qu'on a vu sur la planète, et qui relance d'un coup l'intérêt qu'on commençait à trouver un peu routinier. L'ombre de 2001, l'odyssée de l'espace de Stanley Kubrick plane discrètement sur cette séquence : cette idée que l'univers contient des traces d'une présence humaine inexplicable bien avant que l'humanité ne s'y aventure officiellement.
Mais voilà : cette peinture rupestre est presqu'immédiatement reléguée au second plan. Leo n'en tire pas assez, trop occupé à gérer les tensions sentimentales entre Marc, Kim et Maï Lan, les manœuvres des frères Thornton, et la logistique narrative d'un groupe qui n'arrive toujours pas au camp de base après trois tomes. La critique de BD-Best à la sortie pointait sans indulgence l'impression d'un album qui dilue l'action pour rentabiliser un sixième tome ; ce qui n'était pas prévu dans les cycles précédents, habituellement bouclés en cinq volumes. C'est cette impression de remplissage calculé qui plombe légèrement l'ensemble.
Bref, c'est un album de transition : honnête dans son exécution, avec une révélation forte mal exploitée, et des défauts habituels de la saga qui pèsent un peu plus lourd que d'ordinaire à ce stade. Les fidèles de Leo suivront sans hésiter. Les autres attendront avec une impatience modérée le tome suivant, espérant que la révélation des peintures y trouvera enfin son plein développement.
Kim cherche toujours à rejoindre sa fille Lynn, disparue dans un rayon lumineux en provenance d'Antarès-4, la planète voisine. Elle et son groupe sont encore en chemin vers le camp de base, leur véhicule tombe en panne, ils se réfugient dans une caverne et croisent de nouvelles créatures, parmi lesquelles une limace suceuse de sang et ce que les lecteurs ont surnommé la « girafe double étage », une bête sur deux niveaux qui a fait débat sur son réalisme biologique. Leo ne manque pas d'imagination, c'est certain. Pendant ce temps, au camp de base, les frères Thornton ont pris le pouvoir et imposé aux femmes un habit gonflé censé les soustraire aux regards ; satire directe des intégrismes contemporains, traitée sans nuances, mais avec une efficacité visuelle certaine.
La vraie réussite du tome, c'est la découverte dans la caverne de peintures rupestres dues à des mains humaines ; ou du moins très ressemblantes. Le choc de réaliser que des humains ont pu passer par là avant l'expédition est franchement bien rendu. C'est le genre de révélation qui change rétrospectivement la lecture de tout ce qu'on a vu sur la planète, et qui relance d'un coup l'intérêt qu'on commençait à trouver un peu routinier. L'ombre de 2001, l'odyssée de l'espace de Stanley Kubrick plane discrètement sur cette séquence : cette idée que l'univers contient des traces d'une présence humaine inexplicable bien avant que l'humanité ne s'y aventure officiellement.
Mais voilà : cette peinture rupestre est presqu'immédiatement reléguée au second plan. Leo n'en tire pas assez, trop occupé à gérer les tensions sentimentales entre Marc, Kim et Maï Lan, les manœuvres des frères Thornton, et la logistique narrative d'un groupe qui n'arrive toujours pas au camp de base après trois tomes. La critique de BD-Best à la sortie pointait sans indulgence l'impression d'un album qui dilue l'action pour rentabiliser un sixième tome ; ce qui n'était pas prévu dans les cycles précédents, habituellement bouclés en cinq volumes. C'est cette impression de remplissage calculé qui plombe légèrement l'ensemble.
Bref, c'est un album de transition : honnête dans son exécution, avec une révélation forte mal exploitée, et des défauts habituels de la saga qui pèsent un peu plus lourd que d'ordinaire à ce stade. Les fidèles de Leo suivront sans hésiter. Les autres attendront avec une impatience modérée le tome suivant, espérant que la révélation des peintures y trouvera enfin son plein développement.
Ma note67%
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