Survivants : anomalies quantiques, épisode 2

Leo continue de mener de front deux cycles simultanément : Antarès d'un côté, ce spin-off Survivants de l'autre. Un exploit de productivité pour un auteur alors âgé de 68 ans qui signe toujours seul le scénario, le dessin et les couleurs. Ce deuxième épisode paraît en octobre 2012, la même année qu'un hors-série éditorial « Dans l'atelier de Léo » : preuve que Dargaud mise sur ce nouveau cycle. La question est de savoir si le lecteur suit avec le même enthousiasme.
Manon et son groupe avancent dans la jungle de GJ1347-4. On commence à comprendre pourquoi leur naufrage sur cette planète n'est pas entièrement un hasard : la planète fonctionne comme un piège spatiotemporel, attirant des vaisseaux de différentes époques et civilisations : une idée qui rappelle assez directement la logique de l'île dans Lost, avec ses naufragés d'horizons variés condamnés à cohabiter dans un espace fermé. Le rebondissement central du tome, lui, est franchement bien trouvé : Manon et quelques compagnons, victimes d'une anomalie quantique, retrouvent le reste du groupe, mais découvrent qu'ils n'ont pas disparu pendant une journée… mais durant six années. La case qui révèle ce saut dans le temps est l'un des meilleurs moments du cycle, et elle justifie à elle seule l'existence de ce spin-off.
Le problème, c'est la logique d'ensemble. On découvre que plusieurs races extraterrestres cohabitent sur cette planète, chacune issue d'un naufrage à une époque différente. Jusque là, très bien. Mais toutes ces races font plus ou moins la même taille, sont anthropomorphes, respirent le même air, utilisent des fusils, des sacs, des pièces d'or. Leo, qui a toujours excellé dans la création de faune et de flore étranges, recule ici au moment de créer de vraies altérités humanoïdes ; et on le regrette d'autant plus que le concept de base appellait quelque chose de réellement vertigineux. Il faut suspendre sa crédibilité, ce que la SF demande souvent, mais là ça commence à peser.
Ce qui pèse aussi, c'est l'attachement aux personnages ; ou plutôt son absence. Après deux tomes, Manon reste une héroïne fonctionnelle, mais peu mémorable, et les relations au sein du groupe peinent à décoller au-delà des habituels triangles amoureux qui meublent les moments calmes entre deux attaques de prédateurs. On n'est clairement pas au niveau de ce qu'on ressentait pour Kim dès le premier tome d'Aldébaran. Ce n'est pas anodin : la saga des Mondes d'Aldébaran a toujours reposé sur l'attachement au personnage central, et sans ce ciment affectif, les péripéties perdent une partie de leur impact. Il reste trois tomes. On verra ce que ça donne.
Manon et son groupe avancent dans la jungle de GJ1347-4. On commence à comprendre pourquoi leur naufrage sur cette planète n'est pas entièrement un hasard : la planète fonctionne comme un piège spatiotemporel, attirant des vaisseaux de différentes époques et civilisations : une idée qui rappelle assez directement la logique de l'île dans Lost, avec ses naufragés d'horizons variés condamnés à cohabiter dans un espace fermé. Le rebondissement central du tome, lui, est franchement bien trouvé : Manon et quelques compagnons, victimes d'une anomalie quantique, retrouvent le reste du groupe, mais découvrent qu'ils n'ont pas disparu pendant une journée… mais durant six années. La case qui révèle ce saut dans le temps est l'un des meilleurs moments du cycle, et elle justifie à elle seule l'existence de ce spin-off.
Le problème, c'est la logique d'ensemble. On découvre que plusieurs races extraterrestres cohabitent sur cette planète, chacune issue d'un naufrage à une époque différente. Jusque là, très bien. Mais toutes ces races font plus ou moins la même taille, sont anthropomorphes, respirent le même air, utilisent des fusils, des sacs, des pièces d'or. Leo, qui a toujours excellé dans la création de faune et de flore étranges, recule ici au moment de créer de vraies altérités humanoïdes ; et on le regrette d'autant plus que le concept de base appellait quelque chose de réellement vertigineux. Il faut suspendre sa crédibilité, ce que la SF demande souvent, mais là ça commence à peser.
Ce qui pèse aussi, c'est l'attachement aux personnages ; ou plutôt son absence. Après deux tomes, Manon reste une héroïne fonctionnelle, mais peu mémorable, et les relations au sein du groupe peinent à décoller au-delà des habituels triangles amoureux qui meublent les moments calmes entre deux attaques de prédateurs. On n'est clairement pas au niveau de ce qu'on ressentait pour Kim dès le premier tome d'Aldébaran. Ce n'est pas anodin : la saga des Mondes d'Aldébaran a toujours reposé sur l'attachement au personnage central, et sans ce ciment affectif, les péripéties perdent une partie de leur impact. Il reste trois tomes. On verra ce que ça donne.
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