Survivants : anomalies quantiques, épisode 4

Leo approche des 72 ans en maintenant un rythme de publication biennal qui force toujours l'admiration. Ce quatrième épisode de Survivants paraît en 2016, deux ans après l'épisode 3. L'auteur brésilien, qui a lancé cette série parallèle en 2011 alors qu'Antarès n'était même pas terminé, commence ici à sentir le poids de la distance : ce spin-off sur de tout nouveaux personnages, c'était une prise de risque audacieuse dans sa bibliographie, et ce tome est celui où l'on commence à se demander si le pari tient vraiment sur la durée.
Manon et ses compagnons subissent un nouveau saut temporel… cette fois de 93 ans, soit le plus long du cycle. L'information est lâchée avec un certain sens du spectacle, et elle devrait tout changer. Elle ne change pas grand-chose. Le groupe repart en mission pour libérer Djamile, prisonnière de créatures aquatiques, et l'album s'en tient à ce programme sans vraiment en sortir. Manon reçoit les gélules de la Mantrisse de cette planète — la voilà désormais immortelle — ce qui soulève une question amusante à ce stade de la saga : ces créatures sont vraiment partout dans l'univers, et on commence à s'étonner de ne pas en avoir repéré une dans l'océan Atlantique. La cohérence interne de l'univers de Leo est à la fois sa grande force et son talon d'Achille : quand on en comprend les mécaniques, on anticipe trop facilement ce qui va suivre.
L'intrigue, globalement, ne progresse pas vraiment. On reste sur la même planète, on accumule des péripéties, on ajoute des E.T. inconnus en fin de tome pour relancer la machine, mais le sentiment d'un album de remplissage est difficile à chasser. On se doute bien que ce spin-off finira par rejoindre la série principale, que Manon rencontrera Kim à un moment ou un autre, que tout ce qui a été semé depuis quatre tomes sera récolté. Mais quatre tomes pour ça, c'est long. Cet épisode 4 ressemble trop à l'épisode 3 : même structure, même rythme, mêmes races extraterrestres à l'anthropomorphisme légèrement répétitif.
Ce qui sauve le tome de la médiocrité, c'est le bestiaire — toujours inventif, toujours soigné — et une fin de tome qui au moins crée une vraie tension : Manon et Alex se retrouvent sur une île inconnue, espionnés par des extraterrestres aux intentions obscures, pendant qu'Antac et les survivants sont capturés ailleurs. Un seul tome reste pour tout résoudre, et ça semble vraiment juste. Mais Leo a toujours su conclure ses cycles, d'Aldébaran à Bételgeuse, chaque dernier tome a répondu à l'essentiel des questions posées. Le prochain album est donc attendu au tournant, avec une ambivalence qu'on n'avait pas ressentie à ce stade dans les cycles précédents : espoir que ça tienne, et légère inquiétude que ça ne tienne pas.
Manon et ses compagnons subissent un nouveau saut temporel… cette fois de 93 ans, soit le plus long du cycle. L'information est lâchée avec un certain sens du spectacle, et elle devrait tout changer. Elle ne change pas grand-chose. Le groupe repart en mission pour libérer Djamile, prisonnière de créatures aquatiques, et l'album s'en tient à ce programme sans vraiment en sortir. Manon reçoit les gélules de la Mantrisse de cette planète — la voilà désormais immortelle — ce qui soulève une question amusante à ce stade de la saga : ces créatures sont vraiment partout dans l'univers, et on commence à s'étonner de ne pas en avoir repéré une dans l'océan Atlantique. La cohérence interne de l'univers de Leo est à la fois sa grande force et son talon d'Achille : quand on en comprend les mécaniques, on anticipe trop facilement ce qui va suivre.
L'intrigue, globalement, ne progresse pas vraiment. On reste sur la même planète, on accumule des péripéties, on ajoute des E.T. inconnus en fin de tome pour relancer la machine, mais le sentiment d'un album de remplissage est difficile à chasser. On se doute bien que ce spin-off finira par rejoindre la série principale, que Manon rencontrera Kim à un moment ou un autre, que tout ce qui a été semé depuis quatre tomes sera récolté. Mais quatre tomes pour ça, c'est long. Cet épisode 4 ressemble trop à l'épisode 3 : même structure, même rythme, mêmes races extraterrestres à l'anthropomorphisme légèrement répétitif.
Ce qui sauve le tome de la médiocrité, c'est le bestiaire — toujours inventif, toujours soigné — et une fin de tome qui au moins crée une vraie tension : Manon et Alex se retrouvent sur une île inconnue, espionnés par des extraterrestres aux intentions obscures, pendant qu'Antac et les survivants sont capturés ailleurs. Un seul tome reste pour tout résoudre, et ça semble vraiment juste. Mais Leo a toujours su conclure ses cycles, d'Aldébaran à Bételgeuse, chaque dernier tome a répondu à l'essentiel des questions posées. Le prochain album est donc attendu au tournant, avec une ambivalence qu'on n'avait pas ressentie à ce stade dans les cycles précédents : espoir que ça tienne, et légère inquiétude que ça ne tienne pas.
Ma note67%
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