Aldébaran, tome 4 : Le groupe

Quatre tomes en quatre ans, et Leo commence à tenir pleinement ses promesses. Ce Brésilien d'adoption, ingénieur de formation devenu auteur complet chez Dargaud, signe avec ce quatrième album peut-être le volume le plus équilibré de son premier cycle ; celui où tout ce qu'il avait semé depuis 1994 commence enfin à germer. La série tourne désormais à plein régime, et on comprend mieux pourquoi elle est devenue une référence de la SF franco-belge, assez tôt pour que Mœbius lui-même accepte de préfacer l'intégrale du cycle quelques années plus tard.
Driss et Alexa, les deux scientifiques clandestins dont on a appris depuis le début qu'ils cachent un secret de longévité pour le moins troublant, passent ici à l'action : ils décident de former un groupe de résistants prêts à s'opposer à la dictature théocratique qui gouverne Aldébaran. Marc et Kim, toujours portés par cette dynamique de duo mal assorti qui s'est finalement apprivoisé, se retrouvent mêlés à une fuite en dirigeable dans la grande tradition du roman d'aventure : on pense à L'île mystérieuse de Jules Verne, en plus chaud et avec davantage de tentacules. Le régime resserre son étau, les révélations s'enchaînent, et Leo commence à répondre aux questions qu'il avait posées dans les trois premiers tomes, dont le secret de longévité d'Alexa et Driss, mystère installé dès le tome 1 et enfin éclairci ici.
Mais la vraie nouveauté de ce tome, c'est qu'on sort enfin d'Anatolie. Depuis le tome 3, l'essentiel du récit se déroulait en ville, ce qui est une façon bizarre de traiter un planet opera dont la promesse principale est justement la planète. Ici, le groupe s'enfonce dans les grands marécages, cette tache verte et inquiétante sur la carte dessinée en page de garde de chaque album depuis le tome 1, et qu'on regardait en se demandant si on allait un jour y mettre les pieds. La réponse est oui, et ça vaut le détour. La faune et la flore qui peuplent ces marécages sont franchement fascinantes, effrayantes, étranges, cohérentes avec une logique écologique propre à Leo, qui a passé une bonne partie de son enfance à dessiner des animaux. Il y a dans ces quelques planches consacrées aux grands marécages la matière d'une BD entière, voire d'un film, tant l'atmosphère est dense et les créatures inventées avec soin. C'est exactement ce pour quoi on lisait Aldébaran depuis le début, et c'est un peu frustrant que ça n'arrive qu'au quatrième tome sur cinq. Le reste du volume souffre des mêmes travers que ses prédécesseurs. Les scènes sentimentales entre Marc et Kim sont sincères dans l'intention, mais maladroites dans l'exécution : on a parfois l'impression que Leo ne sait pas trop comment écrire une scène d'émotion sans que ça tourne au téléfilm du dimanche. Le dessin des personnages humains continue de poser problème : quelques lecteurs ont noté qu'avec les cheveux courts, Marc et Alexa sont visuellement presqu'interchangeables ; ce qui dit tout sur les limites du style graphique. Les décors et les créatures, eux, restent irréprochables.
Le tome se referme sur un cliffhanger très réussi, qui laisse entrevoir la conclusion de l'arc sans la spoiler complètement : Leo maîtrise décidément bien cet art de la dernière case qui donne envie d'enchaîner immédiatement. Ce tome 4 est le plus dynamique du cycle, le plus riche en révélations, et le premier à vraiment montrer Aldébaran comme on en rêvait. Reste à voir si le tome final sera à la hauteur de tout ce qui a été construit. L'attente est réelle… et c'est déjà beaucoup.
Driss et Alexa, les deux scientifiques clandestins dont on a appris depuis le début qu'ils cachent un secret de longévité pour le moins troublant, passent ici à l'action : ils décident de former un groupe de résistants prêts à s'opposer à la dictature théocratique qui gouverne Aldébaran. Marc et Kim, toujours portés par cette dynamique de duo mal assorti qui s'est finalement apprivoisé, se retrouvent mêlés à une fuite en dirigeable dans la grande tradition du roman d'aventure : on pense à L'île mystérieuse de Jules Verne, en plus chaud et avec davantage de tentacules. Le régime resserre son étau, les révélations s'enchaînent, et Leo commence à répondre aux questions qu'il avait posées dans les trois premiers tomes, dont le secret de longévité d'Alexa et Driss, mystère installé dès le tome 1 et enfin éclairci ici.
Mais la vraie nouveauté de ce tome, c'est qu'on sort enfin d'Anatolie. Depuis le tome 3, l'essentiel du récit se déroulait en ville, ce qui est une façon bizarre de traiter un planet opera dont la promesse principale est justement la planète. Ici, le groupe s'enfonce dans les grands marécages, cette tache verte et inquiétante sur la carte dessinée en page de garde de chaque album depuis le tome 1, et qu'on regardait en se demandant si on allait un jour y mettre les pieds. La réponse est oui, et ça vaut le détour. La faune et la flore qui peuplent ces marécages sont franchement fascinantes, effrayantes, étranges, cohérentes avec une logique écologique propre à Leo, qui a passé une bonne partie de son enfance à dessiner des animaux. Il y a dans ces quelques planches consacrées aux grands marécages la matière d'une BD entière, voire d'un film, tant l'atmosphère est dense et les créatures inventées avec soin. C'est exactement ce pour quoi on lisait Aldébaran depuis le début, et c'est un peu frustrant que ça n'arrive qu'au quatrième tome sur cinq. Le reste du volume souffre des mêmes travers que ses prédécesseurs. Les scènes sentimentales entre Marc et Kim sont sincères dans l'intention, mais maladroites dans l'exécution : on a parfois l'impression que Leo ne sait pas trop comment écrire une scène d'émotion sans que ça tourne au téléfilm du dimanche. Le dessin des personnages humains continue de poser problème : quelques lecteurs ont noté qu'avec les cheveux courts, Marc et Alexa sont visuellement presqu'interchangeables ; ce qui dit tout sur les limites du style graphique. Les décors et les créatures, eux, restent irréprochables.
Le tome se referme sur un cliffhanger très réussi, qui laisse entrevoir la conclusion de l'arc sans la spoiler complètement : Leo maîtrise décidément bien cet art de la dernière case qui donne envie d'enchaîner immédiatement. Ce tome 4 est le plus dynamique du cycle, le plus riche en révélations, et le premier à vraiment montrer Aldébaran comme on en rêvait. Reste à voir si le tome final sera à la hauteur de tout ce qui a été construit. L'attente est réelle… et c'est déjà beaucoup.
Ma note68%
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