Bételgeuse, tome 3 : L'expédition

Troisième tome, et Leo semble avoir trouvé son rythme de croisière. Ce volume paraît en 2003, la même année que le tome 4, Les cavernes, contrairement au rythme annuel habituel de l'auteur. Une cadence accélérée qui s'explique : les deux albums forment une continuité narrative quasi directe, le tome 3 laissant Kim dans une situation suffisamment inconfortable pour qu'on enchaîne immédiatement. Et ça marche. Ce troisième volet du cycle Bételgeuse a d'ailleurs remporté le Prix Bob Morane 2003, reconnaissance de la presse spécialisée belge qui valide ce que beaucoup de lecteurs ressentaient : c'est ici que le cycle bascule dans quelque chose de plus ambitieux.
Pour trancher l'épineuse question de l'intelligence des iums — et donc de la légitimité de la colonisation humaine sur Bételgeuse —, Kim organise une expédition le long du fleuve avec un groupe composite réunissant des représentants des deux factions. Huit personnes qui ne s'entendent pas, dans un environnement hostile, avec une mission à hauts enjeux : la recette classique du survival SF. Ce qui rend le tome intéressant, c'est que le danger le plus sérieux ne vient pas des créatures de la planète, mais bien des humains eux-mêmes : leurs conflits, leurs trahisons, leurs ego mal placés. Les iums, eux, continuent de se montrer aussi fascinants que mystérieux. On en apprend un peu plus sur eux dans cet album : leur comportement social, leurs rites, cette façon qu'ils ont de manger sans bouche qui reste pour l'instant sans explication. Et puis il y a la Mantrisse — ou plutôt une Mantrisse, puisque Bételgeuse en possède au moins une. Ce n'est pas la même créature que sur Aldébaran, même si les deux semblent communiquer à travers les étoiles. Cette révélation soulève encore plus de questions sur cette espèce manifestement intergalactique, et c'est à la fois fascinant et légèrement frustrant : Leo excelle à ouvrir des portes sans les franchir complètement.
Du côté des personnages, ce tome réserve une évolution notable : Marc, le héros masculin principal du cycle Aldébaran, qu'on suivait avec sympathie depuis le tome 1, commence ici à doucement devenir antipathique. Ses décisions, son rapport aux autres, sa façon de se positionner vis-à-vis de Kim changent progressivement, et pas dans le bon sens. C'est une prise de risque narrative intéressante de la part de Leo : laisser un personnage aimé se ternir progressivement, et par contraste, faire de Kim une héroïne d'autant plus méritante. Elle est désormais pleinement adulte, posée, décisive ; et même quand elle se retrouve en fin de tome dans une situation vraiment fâcheuse (sans spoiler), on sent qu'elle a tout pour s'en sortir. C'est là le vrai pivot du cycle : Kim prend les rênes de façon définitive.
Les couleurs méritent une mention particulière : peut-être les plus réussies du cycle jusqu'ici, avec ce vert dense des canyons qui tranche avec les ocres désertiques. Leo sait habiller ses environnements, même si les personnages humains conservent cette raideur graphique qu'on ne lui pardonne plus vraiment à ce stade. Les romances continuent d'occuper une place disproportionnée : chaque homme croisé finit par tomber amoureux de Kim avec une constance qui frise la caricature, et quelques dialogues sentimentaux font grincer des dents. Mais dans l'ensemble, ce troisième tome fait ce que les bons tomes pivots sont supposés faire : il délivre des réponses, en pose de nouvelles, et laisse sur une situation suffisamment tendue pour qu'on enchaîne sans hésiter. Un bon album, solide, qui aurait gagné à être un peu plus radical dans ses révélations.
Pour trancher l'épineuse question de l'intelligence des iums — et donc de la légitimité de la colonisation humaine sur Bételgeuse —, Kim organise une expédition le long du fleuve avec un groupe composite réunissant des représentants des deux factions. Huit personnes qui ne s'entendent pas, dans un environnement hostile, avec une mission à hauts enjeux : la recette classique du survival SF. Ce qui rend le tome intéressant, c'est que le danger le plus sérieux ne vient pas des créatures de la planète, mais bien des humains eux-mêmes : leurs conflits, leurs trahisons, leurs ego mal placés. Les iums, eux, continuent de se montrer aussi fascinants que mystérieux. On en apprend un peu plus sur eux dans cet album : leur comportement social, leurs rites, cette façon qu'ils ont de manger sans bouche qui reste pour l'instant sans explication. Et puis il y a la Mantrisse — ou plutôt une Mantrisse, puisque Bételgeuse en possède au moins une. Ce n'est pas la même créature que sur Aldébaran, même si les deux semblent communiquer à travers les étoiles. Cette révélation soulève encore plus de questions sur cette espèce manifestement intergalactique, et c'est à la fois fascinant et légèrement frustrant : Leo excelle à ouvrir des portes sans les franchir complètement.
Du côté des personnages, ce tome réserve une évolution notable : Marc, le héros masculin principal du cycle Aldébaran, qu'on suivait avec sympathie depuis le tome 1, commence ici à doucement devenir antipathique. Ses décisions, son rapport aux autres, sa façon de se positionner vis-à-vis de Kim changent progressivement, et pas dans le bon sens. C'est une prise de risque narrative intéressante de la part de Leo : laisser un personnage aimé se ternir progressivement, et par contraste, faire de Kim une héroïne d'autant plus méritante. Elle est désormais pleinement adulte, posée, décisive ; et même quand elle se retrouve en fin de tome dans une situation vraiment fâcheuse (sans spoiler), on sent qu'elle a tout pour s'en sortir. C'est là le vrai pivot du cycle : Kim prend les rênes de façon définitive.
Les couleurs méritent une mention particulière : peut-être les plus réussies du cycle jusqu'ici, avec ce vert dense des canyons qui tranche avec les ocres désertiques. Leo sait habiller ses environnements, même si les personnages humains conservent cette raideur graphique qu'on ne lui pardonne plus vraiment à ce stade. Les romances continuent d'occuper une place disproportionnée : chaque homme croisé finit par tomber amoureux de Kim avec une constance qui frise la caricature, et quelques dialogues sentimentaux font grincer des dents. Mais dans l'ensemble, ce troisième tome fait ce que les bons tomes pivots sont supposés faire : il délivre des réponses, en pose de nouvelles, et laisse sur une situation suffisamment tendue pour qu'on enchaîne sans hésiter. Un bon album, solide, qui aurait gagné à être un peu plus radical dans ses révélations.
Ma note69%
Commentaires
Aucun commentaire pour l'instant. Soyez le premier !