Looper
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Rian Johnson, avant d'envoyer Luke Skywalker traire des vaches aquatiques, avait fait ses armes sur Looper, un petit film de science-fiction qui, sur le papier, avait tout pour plaire : un concept accrocheur, un casting solide et une promesse de voyage dans le temps avec une bonne dose d'action. On aurait pu s'attendre à une pépite du genre, un récit tendu et malin qui jouerait intelligemment avec ses paradoxes temporels. En réalité, c'est surtout un film qui démarre avec de belles intentions avant de s'effondrer lamentablement sous le poids de ses incohérences, de ses longueurs et d'une seconde partie qui tient plus du pensum que du thriller.
L'intrigue repose sur une idée qui pourrait être excitante si elle n'était pas aussi idiote : en 2074, la Mafia ne peut plus se débarrasser des cadavres parce que… la technologie est trop avancée. Pas de trace ADN, pas de moyen de camoufler un meurtre. Solution ? Envoyer les victimes dans le passé pour qu'un tueur à gages, un looper, les exécute proprement et sans bavure. Joe, incarné par Joseph Gordon-Levitt sous un maquillage grotesque censé le faire ressembler à Bruce Willis, est l'un de ces assassins. Son boulot est simple : attendre, tirer, encaisser. Jusqu'au jour où on lui envoie sa propre version vieillie. Et forcément, ça tourne mal.
Les premières minutes fonctionnent plutôt bien. Le film parvient à poser ses bases sans trop se noyer sous des explications fumeuses. On accepte volontiers le concept, même si l'idée que la Mafia possède des machines à voyager dans le temps, mais ne sait pas quoi en faire d'autre que de les utiliser comme de vulgaires broyeurs à viande est assez risible. La première confrontation entre Joe et son alter ego plus âgé promet des affrontements de haute volée et des dilemmes moraux. Mais tout espoir d'un récit nerveux et bien construit s'évapore dès que le film décide de s'égarer dans une ferme paumée, en compagnie d'une Emily Blunt sous-exploitée et d'un gamin insupportable doté de super-pouvoirs sortis de nulle part.
Et c'est là que Looper s'effondre. Ce qui aurait pu être une chasse à l'homme haletante devient une espèce de huis clos laborieux, une tentative maladroite de donner de la profondeur émotionnelle à un film qui n'en avait pas besoin. Joe passe son temps à errer dans des champs de canne à sucre, à jouer les baby-sitters et à s'émouvoir face à un enfant supposément terrifiant, mais surtout horripilant. Le récit perd en intensité, en rythme, et finit par devenir une corvée. C'est simple : la promesse d'un thriller SF percutant fait place à une pseudo-réflexion sur la parentalité et le destin, saupoudrée d'une romance forcée et dispensable.
Les personnages, eux, oscillent entre le fade et le caricatural. Joe-jeune est une coquille vide, mal servie par un Joseph Gordon-Levitt qui tente maladroitement d'imiter Bruce Willis, au point d'en devenir ridicule. Le maquillage censé le rapprocher de son alter ego est un désastre, lui donnant un visage figé, presque grotesque. Joe-vieux, incarné par Bruce Willis, fait du Bruce Willis en pilote automatique, recyclant ses tics sans grande conviction. Il passe son temps à massacrer des gens sans état d'âme, ce qui pourrait être un bon moteur dramatique s'il n'était pas plombé par un script qui ne sait pas trop quoi faire de lui. Le reste du casting est à l'avenant : Paul Dano en boulet pathétique, Jeff Daniels en méchant de pacotille, et Emily Blunt, condamnée à des dialogues plats et à des scènes inutiles.
L'un des problèmes majeurs de Looper, c'est son incapacité à développer son propre univers. On est censé être en 2044, mais à l'écran, ça ressemble vaguement à aujourd'hui avec quelques gadgets moches et des fringues mal coupées. La direction artistique est tristement pauvre, surtout quand on compare à d'autres films au budget similaire comme District 9 ou Snowpiercer, qui parvenaient à créer des mondes crédibles et immersifs. Ici, c'est le strict minimum, sans imagination ni ambition.
Les voyages temporels, qui auraient dû être le cœur du film, sont expédiés avec une désinvolture qui frise l'amateurisme. On sent que Rian Johnson veut éviter les explications compliquées — ce qui en soi n'est pas une mauvaise chose — mais du coup, l'ensemble devient incroyablement bancal. Les règles du voyage dans le temps changent en fonction des besoins du scénario, les paradoxes sont balayés d'un revers de main, et la logique interne du récit est sacrifiée sur l'autel de la facilité.
Côté mise en scène, Rian Johnson a quelques fulgurances, notamment lors des rares séquences d'action bien filmées et dynamiques, mais elles sont trop rares pour sauver le film de son ennui général. Les ralentis sont parfois maladroits, et l'utilisation de la télékinésie est particulièrement ratée, donnant lieu à des moments de « mauvais Akira » qui frisent le ridicule. La bande-son de Nathan Johnson, bien qu'efficace par moments, ne parvient pas à compenser le manque de tension et d'émotion.
Au final, Looper laisse un goût d'inachevé, de potentiel gâché. Il commence comme un thriller SF intrigant et finit comme un mélodrame pataud et prévisible. Les quelques bonnes idées sont noyées sous une montagne d'incohérences et de choix scénaristiques discutables. On a la désagréable impression d'avoir regardé deux films distincts : l'un, nerveux et prometteur, l'autre, mou et ennuyeux. Au lieu d'un voyage dans le temps captivant, on se retrouve avec une errance laborieuse où même Bruce Willis finit par avoir l'air d'avoir envie d'être ailleurs. Bref, un film qui se regarde à défaut de mieux, mais qu'on oublie aussitôt, un peu comme ce steak-frites qui refroidit sur une table pendant que les personnages préfèrent papoter au lieu de manger.
L'intrigue repose sur une idée qui pourrait être excitante si elle n'était pas aussi idiote : en 2074, la Mafia ne peut plus se débarrasser des cadavres parce que… la technologie est trop avancée. Pas de trace ADN, pas de moyen de camoufler un meurtre. Solution ? Envoyer les victimes dans le passé pour qu'un tueur à gages, un looper, les exécute proprement et sans bavure. Joe, incarné par Joseph Gordon-Levitt sous un maquillage grotesque censé le faire ressembler à Bruce Willis, est l'un de ces assassins. Son boulot est simple : attendre, tirer, encaisser. Jusqu'au jour où on lui envoie sa propre version vieillie. Et forcément, ça tourne mal.
Les premières minutes fonctionnent plutôt bien. Le film parvient à poser ses bases sans trop se noyer sous des explications fumeuses. On accepte volontiers le concept, même si l'idée que la Mafia possède des machines à voyager dans le temps, mais ne sait pas quoi en faire d'autre que de les utiliser comme de vulgaires broyeurs à viande est assez risible. La première confrontation entre Joe et son alter ego plus âgé promet des affrontements de haute volée et des dilemmes moraux. Mais tout espoir d'un récit nerveux et bien construit s'évapore dès que le film décide de s'égarer dans une ferme paumée, en compagnie d'une Emily Blunt sous-exploitée et d'un gamin insupportable doté de super-pouvoirs sortis de nulle part.
Et c'est là que Looper s'effondre. Ce qui aurait pu être une chasse à l'homme haletante devient une espèce de huis clos laborieux, une tentative maladroite de donner de la profondeur émotionnelle à un film qui n'en avait pas besoin. Joe passe son temps à errer dans des champs de canne à sucre, à jouer les baby-sitters et à s'émouvoir face à un enfant supposément terrifiant, mais surtout horripilant. Le récit perd en intensité, en rythme, et finit par devenir une corvée. C'est simple : la promesse d'un thriller SF percutant fait place à une pseudo-réflexion sur la parentalité et le destin, saupoudrée d'une romance forcée et dispensable.
Les personnages, eux, oscillent entre le fade et le caricatural. Joe-jeune est une coquille vide, mal servie par un Joseph Gordon-Levitt qui tente maladroitement d'imiter Bruce Willis, au point d'en devenir ridicule. Le maquillage censé le rapprocher de son alter ego est un désastre, lui donnant un visage figé, presque grotesque. Joe-vieux, incarné par Bruce Willis, fait du Bruce Willis en pilote automatique, recyclant ses tics sans grande conviction. Il passe son temps à massacrer des gens sans état d'âme, ce qui pourrait être un bon moteur dramatique s'il n'était pas plombé par un script qui ne sait pas trop quoi faire de lui. Le reste du casting est à l'avenant : Paul Dano en boulet pathétique, Jeff Daniels en méchant de pacotille, et Emily Blunt, condamnée à des dialogues plats et à des scènes inutiles.
L'un des problèmes majeurs de Looper, c'est son incapacité à développer son propre univers. On est censé être en 2044, mais à l'écran, ça ressemble vaguement à aujourd'hui avec quelques gadgets moches et des fringues mal coupées. La direction artistique est tristement pauvre, surtout quand on compare à d'autres films au budget similaire comme District 9 ou Snowpiercer, qui parvenaient à créer des mondes crédibles et immersifs. Ici, c'est le strict minimum, sans imagination ni ambition.
Les voyages temporels, qui auraient dû être le cœur du film, sont expédiés avec une désinvolture qui frise l'amateurisme. On sent que Rian Johnson veut éviter les explications compliquées — ce qui en soi n'est pas une mauvaise chose — mais du coup, l'ensemble devient incroyablement bancal. Les règles du voyage dans le temps changent en fonction des besoins du scénario, les paradoxes sont balayés d'un revers de main, et la logique interne du récit est sacrifiée sur l'autel de la facilité.
Côté mise en scène, Rian Johnson a quelques fulgurances, notamment lors des rares séquences d'action bien filmées et dynamiques, mais elles sont trop rares pour sauver le film de son ennui général. Les ralentis sont parfois maladroits, et l'utilisation de la télékinésie est particulièrement ratée, donnant lieu à des moments de « mauvais Akira » qui frisent le ridicule. La bande-son de Nathan Johnson, bien qu'efficace par moments, ne parvient pas à compenser le manque de tension et d'émotion.
Au final, Looper laisse un goût d'inachevé, de potentiel gâché. Il commence comme un thriller SF intrigant et finit comme un mélodrame pataud et prévisible. Les quelques bonnes idées sont noyées sous une montagne d'incohérences et de choix scénaristiques discutables. On a la désagréable impression d'avoir regardé deux films distincts : l'un, nerveux et prometteur, l'autre, mou et ennuyeux. Au lieu d'un voyage dans le temps captivant, on se retrouve avec une errance laborieuse où même Bruce Willis finit par avoir l'air d'avoir envie d'être ailleurs. Bref, un film qui se regarde à défaut de mieux, mais qu'on oublie aussitôt, un peu comme ce steak-frites qui refroidit sur une table pendant que les personnages préfèrent papoter au lieu de manger.
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