Stranger things (saison 5)
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Impossible d'ignorer le poids symbolique de ce retour : ultime chapitre d'une saga née dans l'Amérique fantasmée des années Reagan, portée par Matt et Ross Duffer, et incarnée depuis près d'une décennie par Winona Ryder, David Harbour, Millie Bobby Brown ou Finn Wolfhard. En 2026, l'attente autour de cette dernière saison relevait presque du rituel collectif : conclure une série devenue, qu'on le veuille ou non, un monument pop, un produit générationnel autant qu'un récit feuilletonnant. Tout le monde voulait une fin à la hauteur du souvenir plus encore que de la série elle-même.
Le récit reprend à Hawkins, ville désormais fissurée au sens propre comme au figuré, où le Monde à l'Envers n'est plus une anomalie lointaine, mais une menace installée. Les adolescents ont grandi, certains sont cabossés, d'autres hantés, et l'histoire cherche à refermer ce qui a été ouvert dès la disparition de Will Byers : la brèche, le trauma, la peur de l'autre monde et de soi-même. La saison se structure comme un long mouvement de siège, alternant affrontements surnaturels, règlements de comptes intimes et tentatives désespérées de sauver ce qui peut encore l'être, Hawkins devenant presqu'un personnage à part entière, terrain de ruines chargé de mémoire.
Sur le papier, le scénario a des allures de synthèse générale, comme si chaque intrigue passée devait rendre des comptes. Et c'est là que le bât blesse autant qu'il fascine. L'écriture sait encore créer de belles montées en tension, certaines séquences flirtant avec le film catastrophe ou le cinéma d'horreur à l'ancienne, quelque part entre Alien et Les Goonies version crépusculaire. Mais cette ambition se heurte à une mécanique trop visible : beaucoup d'explications, des enjeux parfois répétés, et une tendance à étirer artificiellement certaines situations pour faire durer l'émotion. La série n'évite pas tous ses tics : le sacrifice annoncé, la fausse mort, le discours héroïque juste avant l'assaut final. Elle connaît parfaitement son public, parfois trop, et préfère souvent la sécurité au vertige.
Les personnages, eux, restent le cœur battant de l'ensemble, même quand le récit patine. Onze poursuit son chemin d'héroïne tragique, coincée entre puissance et solitude, tandis que Will devient enfin autre chose qu'un symbole narratif : un personnage à part entière, fragile, silencieux, et étonnamment central dans cette dernière ligne droite. Hopper, Joyce, Dustin ou Steve continuent d'évoluer dans des trajectoires cohérentes, parfois attendues, mais rarement trahies. Le problème n'est pas tant ce qu'ils deviennent que le temps accordé à chacun : la galerie est si large que certains arcs donnent l'impression d'être survolés, comme si la série cochait des cases plutôt que de creuser jusqu'au bout.
Thématiquement, la saison 5 joue la carte du bilan. Le passage à l'âge adulte, la peur de perdre ceux qu'on aime, le poids du passé et la difficulté de dire qui l'on est vraiment irriguent le récit. La série tente aussi de parler de différence, d'acceptation et de transmission, parfois avec une sincérité touchante, parfois avec une lourdeur qui affaiblit le propos. Le sous-texte politique et social, déjà présent dans les saisons précédentes, est ici plus explicite, moins métaphorique, ce qui pourra séduire ou fatiguer selon la sensibilité du spectateur.
La réalisation reste solide, souvent impressionnante. Les épisodes bénéficient d'une ampleur quasi cinématographique, avec une photographie sombre, contrastée, et une direction artistique toujours aussi soignée. Certains plans semblent conçus pour rester en mémoire, et la bande-son, mélange de synthés nostalgiques et de nappes orchestrales, continue d'agir comme une machine à souvenirs. Les effets spéciaux, eux, oscillent entre le spectaculaire maîtrisé et quelques excès numériques qui rappellent que la série n'est plus ce petit miracle artisanal de ses débuts.
Côté interprétation, la distribution fait largement le travail. Millie Bobby Brown confirme une fois encore qu'elle porte la série sur ses épaules depuis longtemps, tandis que David Harbour trouve un équilibre plus nuancé que par le passé entre brutalité et vulnérabilité. Noah Schnapp livre sans doute l'une de ses performances les plus justes, tout en retenue. Les seconds rôles, nombreux, sont globalement à la hauteur, même si certains semblent sacrifiés sur l'autel du rythme et de la durée.
Au final, cette dernière saison laisse une impression contrastée, presque mélancolique. Elle conclut honnêtement ce qu'elle a entrepris, sans provoquer l'électrochoc espéré par ceux qui attendaient une fin renversante. Trop longue pour être réellement percutante, trop maîtrisée pour être vraiment audacieuse, elle ressemble à un adieu poli, parfois émouvant, parfois un peu fatigué. Ceux qui ont grandi avec la série y trouveront sans doute leur compte, les autres y verront les limites d'un univers qui a préféré rassurer plutôt que surprendre.
Le récit reprend à Hawkins, ville désormais fissurée au sens propre comme au figuré, où le Monde à l'Envers n'est plus une anomalie lointaine, mais une menace installée. Les adolescents ont grandi, certains sont cabossés, d'autres hantés, et l'histoire cherche à refermer ce qui a été ouvert dès la disparition de Will Byers : la brèche, le trauma, la peur de l'autre monde et de soi-même. La saison se structure comme un long mouvement de siège, alternant affrontements surnaturels, règlements de comptes intimes et tentatives désespérées de sauver ce qui peut encore l'être, Hawkins devenant presqu'un personnage à part entière, terrain de ruines chargé de mémoire.
Sur le papier, le scénario a des allures de synthèse générale, comme si chaque intrigue passée devait rendre des comptes. Et c'est là que le bât blesse autant qu'il fascine. L'écriture sait encore créer de belles montées en tension, certaines séquences flirtant avec le film catastrophe ou le cinéma d'horreur à l'ancienne, quelque part entre Alien et Les Goonies version crépusculaire. Mais cette ambition se heurte à une mécanique trop visible : beaucoup d'explications, des enjeux parfois répétés, et une tendance à étirer artificiellement certaines situations pour faire durer l'émotion. La série n'évite pas tous ses tics : le sacrifice annoncé, la fausse mort, le discours héroïque juste avant l'assaut final. Elle connaît parfaitement son public, parfois trop, et préfère souvent la sécurité au vertige.
Les personnages, eux, restent le cœur battant de l'ensemble, même quand le récit patine. Onze poursuit son chemin d'héroïne tragique, coincée entre puissance et solitude, tandis que Will devient enfin autre chose qu'un symbole narratif : un personnage à part entière, fragile, silencieux, et étonnamment central dans cette dernière ligne droite. Hopper, Joyce, Dustin ou Steve continuent d'évoluer dans des trajectoires cohérentes, parfois attendues, mais rarement trahies. Le problème n'est pas tant ce qu'ils deviennent que le temps accordé à chacun : la galerie est si large que certains arcs donnent l'impression d'être survolés, comme si la série cochait des cases plutôt que de creuser jusqu'au bout.
Thématiquement, la saison 5 joue la carte du bilan. Le passage à l'âge adulte, la peur de perdre ceux qu'on aime, le poids du passé et la difficulté de dire qui l'on est vraiment irriguent le récit. La série tente aussi de parler de différence, d'acceptation et de transmission, parfois avec une sincérité touchante, parfois avec une lourdeur qui affaiblit le propos. Le sous-texte politique et social, déjà présent dans les saisons précédentes, est ici plus explicite, moins métaphorique, ce qui pourra séduire ou fatiguer selon la sensibilité du spectateur.
La réalisation reste solide, souvent impressionnante. Les épisodes bénéficient d'une ampleur quasi cinématographique, avec une photographie sombre, contrastée, et une direction artistique toujours aussi soignée. Certains plans semblent conçus pour rester en mémoire, et la bande-son, mélange de synthés nostalgiques et de nappes orchestrales, continue d'agir comme une machine à souvenirs. Les effets spéciaux, eux, oscillent entre le spectaculaire maîtrisé et quelques excès numériques qui rappellent que la série n'est plus ce petit miracle artisanal de ses débuts.
Côté interprétation, la distribution fait largement le travail. Millie Bobby Brown confirme une fois encore qu'elle porte la série sur ses épaules depuis longtemps, tandis que David Harbour trouve un équilibre plus nuancé que par le passé entre brutalité et vulnérabilité. Noah Schnapp livre sans doute l'une de ses performances les plus justes, tout en retenue. Les seconds rôles, nombreux, sont globalement à la hauteur, même si certains semblent sacrifiés sur l'autel du rythme et de la durée.
Au final, cette dernière saison laisse une impression contrastée, presque mélancolique. Elle conclut honnêtement ce qu'elle a entrepris, sans provoquer l'électrochoc espéré par ceux qui attendaient une fin renversante. Trop longue pour être réellement percutante, trop maîtrisée pour être vraiment audacieuse, elle ressemble à un adieu poli, parfois émouvant, parfois un peu fatigué. Ceux qui ont grandi avec la série y trouveront sans doute leur compte, les autres y verront les limites d'un univers qui a préféré rassurer plutôt que surprendre.
Ma note65%
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