N° 426 · Ésotérisme · Tome 4
La franc-maçonnerie est-elle une fraternité initiatique ou un véritable réseau de pouvoir ?
Sujet : La franc-maçonnerie
Née progressivement des anciennes loges de tailleurs de pierre, la franc-maçonnerie moderne se structure en Europe au début du XVIIIe siècle avant de se répandre dans le monde entier. Derrière ses temples, ses rituels et ses symboles se cache pourtant une réalité beaucoup plus diverse que ne le suggèrent les théories du complot : certaines obédiences sont religieuses, d’autres laïques, certaines masculines, féminines ou mixtes. Son histoire croise les Lumières, les révolutions, la politique, les persécutions, mais aussi de véritables scandales, ce qui contribue depuis trois siècles à entretenir sa réputation mystérieuse.
- Auteur
- Julien Lepage
- Publié le
- Lecture
- 2 min
Lire la transcription de la case 01
Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir la franc-maçonnerie. Une multitude de loges indépendantes, qui partagent le secret, la cooptation et un serment de fraternité. Une solidarité choisie qui pose question dans une République censée ne connaître que l’État et le citoyen.
Lire la transcription de la case 02
Tout part des loges de tailleurs de pierre, notamment en Écosse. Aux XVIe et XVIIe siècles, elles accueillent des notables étrangers au métier : en 1646, l’érudit Elias Ashmole note son admission. Le chantier devient peu à peu un club d’hommes influents, qui gardent le vocabulaire des bâtisseurs, mais plus leurs outils.
Lire la transcription de la case 03
À Londres, plusieurs loges se fédèrent le 24 juin 1717 pour fonder la première Grande Loge, selon un récit publié seulement en 1738. En 1723, les Constitutions d’Anderson fixent ses règles, dont la discrétion envers les « profanes ». Un cercle fermé est né, avec ses codes et sa propre solidarité.
Lire la transcription de la case 04
Trois degrés structurent la maçonnerie symbolique : Apprenti, Compagnon et Maître. On y entre par cooptation, on y progresse selon le jugement des frères, et l’on s’engage à taire ce qui s’y dit. Certains rites ajoutent des hauts grades jusqu’au 33e : autant d’étages d’un monde qui échappe au regard public.
Lire la transcription de la case 05
Au XVIIIe siècle, les loges françaises diffusent les idées des Lumières et forment une partie des futures élites. Leur Grand Maître, le duc d'Orléans, votera la mort de Louis XVI, et de nombreux révolutionnaires, comme La Fayette, sont initiés. Sous Napoléon, le pouvoir préfère les tenir en main plutôt que les combattre : le Grand Orient est confié à son frère Joseph, et de nombreux maréchaux y entrent.
Lire la transcription de la case 06
Les obédiences diffèrent : la maçonnerie dite régulière reste masculine et exige la croyance en un Être suprême, d’autres accueillent athées et femmes, comme Maria Deraismes dès 1882. Mais toutes reposent sur le même principe : pour entrer, il faut être choisi, et ce qui se dit en loge reste en loge.
Lire la transcription de la case 07
Sous la IIIe République, le Grand Orient pèse lourd : de nombreux ministres et parlementaires sont initiés. En 1904, l’Affaire des fiches révèle que ses loges fichaient les officiers selon leurs opinions religieuses pour le ministère de la Guerre. Des carrières sont brisées par un réseau privé agissant au cœur de l’État.
Lire la transcription de la case 08
Au XXe siècle, les francs-maçons sont aussi persécutés : Vichy les dissout en 1940, saisit leurs archives et publie leurs noms, en les associant aux Juifs dans sa propagande. Plusieurs rejoignent la Résistance. Condamner ces persécutions n’empêche pas, en démocratie, d’interroger leur influence réelle.
Lire la transcription de la case 09
Templiers, Illuminati : ces légendes ne reposent sur aucune preuve. Les dérives réelles, elles, sont documentées. En Italie, la loge P2 de Licio Gelli infiltre l’État jusqu’à sa découverte en 1981. En France, vers 2000, le procureur de Nice dénonce des réseaux maçonniques au sein de la justice locale.
Lire la transcription de la case 10
La République ne reconnaît que l'État et le citoyen, sans corps secret entre les deux. La franc-maçonnerie, elle, est une fraternité choisie et discrète, liée par un serment d'entraide. Quand des élus, des juges ou des hauts fonctionnaires le prêtent, une question demeure : à qui va leur première loyauté ? La République ou les frères ? À chacun de poursuivre l'enquête…
Transcription complète
Retrouvez ici le texte de l’épisode dans l’ordre de lecture.
- Case 01 Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir la franc-maçonnerie. Une multitude de loges indépendantes, qui partagent le secret, la cooptation et un serment de fraternité. Une solidarité choisie qui pose question dans une République censée ne connaître que l’État et le citoyen.
- Case 02 Tout part des loges de tailleurs de pierre, notamment en Écosse. Aux XVIe et XVIIe siècles, elles accueillent des notables étrangers au métier : en 1646, l’érudit Elias Ashmole note son admission. Le chantier devient peu à peu un club d’hommes influents, qui gardent le vocabulaire des bâtisseurs, mais plus leurs outils.
- Case 03 À Londres, plusieurs loges se fédèrent le 24 juin 1717 pour fonder la première Grande Loge, selon un récit publié seulement en 1738. En 1723, les Constitutions d’Anderson fixent ses règles, dont la discrétion envers les « profanes ». Un cercle fermé est né, avec ses codes et sa propre solidarité.
- Case 04 Trois degrés structurent la maçonnerie symbolique : Apprenti, Compagnon et Maître. On y entre par cooptation, on y progresse selon le jugement des frères, et l’on s’engage à taire ce qui s’y dit. Certains rites ajoutent des hauts grades jusqu’au 33e : autant d’étages d’un monde qui échappe au regard public.
- Case 05 Au XVIIIe siècle, les loges françaises diffusent les idées des Lumières et forment une partie des futures élites. Leur Grand Maître, le duc d'Orléans, votera la mort de Louis XVI, et de nombreux révolutionnaires, comme La Fayette, sont initiés. Sous Napoléon, le pouvoir préfère les tenir en main plutôt que les combattre : le Grand Orient est confié à son frère Joseph, et de nombreux maréchaux y entrent.
- Case 06 Les obédiences diffèrent : la maçonnerie dite régulière reste masculine et exige la croyance en un Être suprême, d’autres accueillent athées et femmes, comme Maria Deraismes dès 1882. Mais toutes reposent sur le même principe : pour entrer, il faut être choisi, et ce qui se dit en loge reste en loge.
- Case 07 Sous la IIIe République, le Grand Orient pèse lourd : de nombreux ministres et parlementaires sont initiés. En 1904, l’Affaire des fiches révèle que ses loges fichaient les officiers selon leurs opinions religieuses pour le ministère de la Guerre. Des carrières sont brisées par un réseau privé agissant au cœur de l’État.
- Case 08 Au XXe siècle, les francs-maçons sont aussi persécutés : Vichy les dissout en 1940, saisit leurs archives et publie leurs noms, en les associant aux Juifs dans sa propagande. Plusieurs rejoignent la Résistance. Condamner ces persécutions n’empêche pas, en démocratie, d’interroger leur influence réelle.
- Case 09 Templiers, Illuminati : ces légendes ne reposent sur aucune preuve. Les dérives réelles, elles, sont documentées. En Italie, la loge P2 de Licio Gelli infiltre l’État jusqu’à sa découverte en 1981. En France, vers 2000, le procureur de Nice dénonce des réseaux maçonniques au sein de la justice locale.
- Case 10 La République ne reconnaît que l'État et le citoyen, sans corps secret entre les deux. La franc-maçonnerie, elle, est une fraternité choisie et discrète, liée par un serment d'entraide. Quand des élus, des juges ou des hauts fonctionnaires le prêtent, une question demeure : à qui va leur première loyauté ? La République ou les frères ? À chacun de poursuivre l'enquête…
Ce qu’il faut retenir
- La franc-maçonnerie moderne se développe à partir des anciennes traditions des maçons de métier et se structure notamment à Londres au début du XVIIIe siècle
- Ses membres progressent traditionnellement par les trois degrés d’Apprenti, Compagnon et Maître, tandis que les degrés supérieurs appartiennent à des rites particuliers
- Il n’existe aucune autorité maçonnique mondiale et les différentes obédiences peuvent profondément diverger sur la religion, la politique ou l’admission des femmes
- Aucun élément historique solide ne démontre que la franc-maçonnerie ait organisé la Révolution française, descende directement des Templiers ou soit contrôlée par les Illuminati
- Des réseaux d’influence maçonniques ont cependant réellement existé, comme l’Affaire des fiches en France ou la loge P2 en Italie
- Les persécutions, scandales authentiques, zones d’ombre et canulars comme celui de Léo Taxil ont largement alimenté les théories conspirationnistes
Sources et crédits
- Auteur et responsable éditorial
- Julien Lepage
- Date de publication
Références principales
- United Grand Lodge of England, History of Freemasonry (nouvel onglet)
- United Grand Lodge of England, 1723 Constitutions (nouvel onglet)
- United Grand Lodge of England, What is Freemasonry? (nouvel onglet)
- Grand Orient de France, Notre histoire (nouvel onglet)
- Grand Orient de France, Le GODF aujourd’hui (nouvel onglet)
- Grande Loge de France (nouvel onglet)
- Grande Loge Nationale Française (nouvel onglet)
- Grande Loge Féminine de France (nouvel onglet)
- Grande Loge Mixte de France (nouvel onglet)
- Fédération française du Droit Humain (nouvel onglet)
- Museum of Freemasonry, Square and Compasses (nouvel onglet)
- Museum of Freemasonry, What does the G stand for? (nouvel onglet)
- Museum of Freemasonry, Identity under duress (nouvel onglet)
- Albert Soboul, La franc-maçonnerie et la Révolution française, Persée (nouvel onglet)
- Michel Taillefer, La Franc-Maçonnerie toulousaine et la Révolution française, Persée (nouvel onglet)
- Bibliothèque nationale de France, L’affaire des fiches et le grand mythe du complot franc-maçon (nouvel onglet)
- Le Monde, L’Affaire des fiches (nouvel onglet)
- Vatican, Declaration on Masonic Associations, 1983 (nouvel onglet)
- Dicastery for the Doctrine of the Faith, déclaration du 13 novembre 2023 (nouvel onglet)
- Oxford Academic, Ruben van Luijk, Léo Taxil, Le Palladium régénéré et libre (nouvel onglet)
- Chambre des députés italienne, Commission parlementaire d’enquête sur P2 (nouvel onglet)
- Sénat italien, documents concernant P2 (nouvel onglet)
- George Washington's Mount Vernon, Freemasonry (nouvel onglet)
- Smithsonian Institution, All Men Free and Brethren (nouvel onglet)
- Smithsonian Magazine, The Masonic Murder That Inspired the First Third Party in American Politics (nouvel onglet)
- Masonic Service Association of North America, U.S. Membership Statistics (nouvel onglet)
- Metropolitan Police, Hierarchical organisations added to declarable association policy (nouvel onglet)
- Metropolitan Police, statistiques des déclarations de franc-maçonnerie 2025-2026 (nouvel onglet)
- Courts and Tribunals Judiciary, United Grand Lodge of England and others v Metropolitan Police, 2026 (nouvel onglet)
- Chemins de mémoire, La France des camps 1938-1946 (nouvel onglet)
- Scottish Rite of Freemasonry, Member Development Handbook (nouvel onglet)
À transmettre aux autres curieux
Partager cette découverte
Le lien mène directement à ce sujet, sans passer par la page d’accueil.
Cette BD est dans le tome 4
Gardez cette histoire à portée de main.
Retrouvez-la avec 111 autres BD dans Découvre… — Tome 4, un livre à lire sans écran, à partager en famille ou à offrir.
Personnages, lieux et notions