N° 343 · Explorateurs · Tome 4

Que faut-il savoir sur jeanne Barret ?

Sujet : Jeanne Barret

Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir Jeanne Barret, née le 27 juillet 1740 dans un hameau pauvre du Morvan. Fille d’un manouvrier illettré et d’une mère morte trop tôt, elle garde les brebis dès sept ans. Pourtant, contre toute attente, elle apprend à lire et écrire, fait rarissime dans son milieu paysan. En 1764, Jeanne devient gouvernante du médecin-botaniste Philibert Commerson, veuf depuis peu. Très vite, elle passe du ménage à l’assistanat scientifique : elle classe, étiquette, sèche les plantes. Elle devient aussi sa maîtresse et tombe enceinte la même année, mais refuse de nommer le père sur l’acte officiel.

Auteur
Julien Lepage
Publié le
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Jeanne Barret, case 1 : Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir Jeanne Barret, née le 27 juillet 1740 dans un hameau pauvre du Morvan. Fille d’un manouvrier illettré et d’une mère morte trop tôt, elle garde les brebis dès sept ans. Pourtant, contre toute attente, elle apprend à lire et écrire, fait rarissime dans son milieu paysan.
Case 01 — Jeanne Barret
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Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir Jeanne Barret, née le 27 juillet 1740 dans un hameau pauvre du Morvan. Fille d’un manouvrier illettré et d’une mère morte trop tôt, elle garde les brebis dès sept ans. Pourtant, contre toute attente, elle apprend à lire et écrire, fait rarissime dans son milieu paysan.

Jeanne Barret, case 2 : En 1764, Jeanne devient gouvernante du médecin-botaniste Philibert Commerson, veuf depuis peu. Très vite, elle passe du ménage à l’assistanat scientifique : elle classe, étiquette, sèche les plantes. Elle devient aussi sa maîtresse et tombe enceinte la même année, mais refuse de nommer le père sur l’acte officiel.
Case 02 — Jeanne Barret
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En 1764, Jeanne devient gouvernante du médecin-botaniste Philibert Commerson, veuf depuis peu. Très vite, elle passe du ménage à l’assistanat scientifique : elle classe, étiquette, sèche les plantes. Elle devient aussi sa maîtresse et tombe enceinte la même année, mais refuse de nommer le père sur l’acte officiel.

Jeanne Barret, case 3 : L’ordonnance royale de 1689 interdit toute femme à bord des navires du roi. Pour rejoindre l’expédition Bougainville, premier tour du monde français, Jeanne se déguise donc en homme : cheveux coupés, poitrine bandée, vêtements amples. Elle embarque sous le nom de Jean Baré, comme valet de Commerson.
Case 03 — Jeanne Barret
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L’ordonnance royale de 1689 interdit toute femme à bord des navires du roi. Pour rejoindre l’expédition Bougainville, premier tour du monde français, Jeanne se déguise donc en homme : cheveux coupés, poitrine bandée, vêtements amples. Elle embarque sous le nom de Jean Baré, comme valet de Commerson.

Jeanne Barret, case 4 : Détail crucial : le capitaine La Giraudais cède sa cabine, la plus grande, à Commerson pour stocker son matériel. Avantage inespéré, elle dispose de toilettes privatives. Commerson souffre d’un ulcère à la jambe et du mal de mer, ce qui consigne souvent le naturaliste à bord.
Case 04 — Jeanne Barret
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Détail crucial : le capitaine La Giraudais cède sa cabine, la plus grande, à Commerson pour stocker son matériel. Avantage inespéré, elle dispose de toilettes privatives. Commerson souffre d’un ulcère à la jambe et du mal de mer, ce qui consigne souvent le naturaliste à bord.

Jeanne Barret, case 5 : Au Brésil, le couple découvre la fameuse plante à bractées violettes, baptisée Bougainvillea en hommage au commandant. Commerson étant malade, c’est souvent Jeanne qui herborise seule, portant armes, vivres et cahiers. Bougainville la décrira plus tard, admiratif, comme une « botaniste déjà fort exercé ».
Case 05 — Jeanne Barret
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Au Brésil, le couple découvre la fameuse plante à bractées violettes, baptisée Bougainvillea en hommage au commandant. Commerson étant malade, c’est souvent Jeanne qui herborise seule, portant armes, vivres et cahiers. Bougainville la décrira plus tard, admiratif, comme une « botaniste déjà fort exercé ».

Jeanne Barret, case 6 : Le 7 avril 1768, à Tahiti, des habitants entourent « Jean Baré » en criant « Vahine! Vahine! » : femme ! Bougainville la convoque ; en larmes, elle avoue. Mais les autres journaux de bord, notamment celui du chirurgien Vivès, situent plutôt la découverte plus tard, en Nouvelle-Irlande, lors d’un incident violent.
Case 06 — Jeanne Barret
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Le 7 avril 1768, à Tahiti, des habitants entourent « Jean Baré » en criant « Vahine! Vahine! » : femme ! Bougainville la convoque ; en larmes, elle avoue. Mais les autres journaux de bord, notamment celui du chirurgien Vivès, situent plutôt la découverte plus tard, en Nouvelle-Irlande, lors d’un incident violent.

Jeanne Barret, case 7 : Débarqués à l’île Maurice en novembre 1768, Commerson et Jeanne sont accueillis par l’intendant Pierre Poivre, ami du naturaliste et célèbre voleur d’épices aux Hollandais. Commerson meurt en 1773 d’une pleurésie. Sans ressources immédiates, Jeanne ouvre un cabaret-billard à Port-Louis, obtenu grâce à une concession officielle.
Case 07 — Jeanne Barret
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Débarqués à l’île Maurice en novembre 1768, Commerson et Jeanne sont accueillis par l’intendant Pierre Poivre, ami du naturaliste et célèbre voleur d’épices aux Hollandais. Commerson meurt en 1773 d’une pleurésie. Sans ressources immédiates, Jeanne ouvre un cabaret-billard à Port-Louis, obtenu grâce à une concession officielle.

Jeanne Barret, case 8 : Le 17 mai 1774, Jeanne épouse Jean Dubernat à la cathédrale de Port-Louis. Fait remarquable pour l’époque : elle exige un contrat lui permettant de conserver les deux tiers de ses biens en nom propre. Elle apporte quatre fois plus de fortune que son mari : maisons, bijoux et même des esclaves.
Case 08 — Jeanne Barret
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Le 17 mai 1774, Jeanne épouse Jean Dubernat à la cathédrale de Port-Louis. Fait remarquable pour l’époque : elle exige un contrat lui permettant de conserver les deux tiers de ses biens en nom propre. Elle apporte quatre fois plus de fortune que son mari : maisons, bijoux et même des esclaves.

Jeanne Barret, case 9 : En 1785, à la demande de Bougainville, Louis XVI accorde à Jeanne une pension annuelle de 200 livres et la qualifie de « femme extraordinaire ». C’est la première Française pensionnée pour une contribution scientifique. Sa rente sera même versée en 1794, sous la Terreur : son statut traverse les régimes.
Case 09 — Jeanne Barret
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En 1785, à la demande de Bougainville, Louis XVI accorde à Jeanne une pension annuelle de 200 livres et la qualifie de « femme extraordinaire ». C’est la première Française pensionnée pour une contribution scientifique. Sa rente sera même versée en 1794, sous la Terreur : son statut traverse les régimes.

Jeanne Barret, case 10 : Jeanne meurt en 1807 à Saint-Aulaye, presque oubliée. Il faudra deux siècles pour la réhabiliter : une plante, Solanum baretiae, est nommée en son honneur en 2012, une chaîne de montagnes sur Pluton en 2018, un navire en 2022, et elle figure parmi les héroïnes des Jeux olympiques de Paris 2024. Une bergère du Morvan jusqu’aux astres.
Case 10 — Jeanne Barret
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Jeanne meurt en 1807 à Saint-Aulaye, presque oubliée. Il faudra deux siècles pour la réhabiliter : une plante, Solanum baretiae, est nommée en son honneur en 2012, une chaîne de montagnes sur Pluton en 2018, un navire en 2022, et elle figure parmi les héroïnes des Jeux olympiques de Paris 2024. Une bergère du Morvan jusqu’aux astres.

Transcription complète

Retrouvez ici le texte de l’épisode dans l’ordre de lecture.

  1. Case 01 Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir Jeanne Barret, née le 27 juillet 1740 dans un hameau pauvre du Morvan. Fille d’un manouvrier illettré et d’une mère morte trop tôt, elle garde les brebis dès sept ans. Pourtant, contre toute attente, elle apprend à lire et écrire, fait rarissime dans son milieu paysan.
  2. Case 02 En 1764, Jeanne devient gouvernante du médecin-botaniste Philibert Commerson, veuf depuis peu. Très vite, elle passe du ménage à l’assistanat scientifique : elle classe, étiquette, sèche les plantes. Elle devient aussi sa maîtresse et tombe enceinte la même année, mais refuse de nommer le père sur l’acte officiel.
  3. Case 03 L’ordonnance royale de 1689 interdit toute femme à bord des navires du roi. Pour rejoindre l’expédition Bougainville, premier tour du monde français, Jeanne se déguise donc en homme : cheveux coupés, poitrine bandée, vêtements amples. Elle embarque sous le nom de Jean Baré, comme valet de Commerson.
  4. Case 04 Détail crucial : le capitaine La Giraudais cède sa cabine, la plus grande, à Commerson pour stocker son matériel. Avantage inespéré, elle dispose de toilettes privatives. Commerson souffre d’un ulcère à la jambe et du mal de mer, ce qui consigne souvent le naturaliste à bord.
  5. Case 05 Au Brésil, le couple découvre la fameuse plante à bractées violettes, baptisée Bougainvillea en hommage au commandant. Commerson étant malade, c’est souvent Jeanne qui herborise seule, portant armes, vivres et cahiers. Bougainville la décrira plus tard, admiratif, comme une « botaniste déjà fort exercé ».
  6. Case 06 Le 7 avril 1768, à Tahiti, des habitants entourent « Jean Baré » en criant « Vahine! Vahine! » : femme ! Bougainville la convoque ; en larmes, elle avoue. Mais les autres journaux de bord, notamment celui du chirurgien Vivès, situent plutôt la découverte plus tard, en Nouvelle-Irlande, lors d’un incident violent.
  7. Case 07 Débarqués à l’île Maurice en novembre 1768, Commerson et Jeanne sont accueillis par l’intendant Pierre Poivre, ami du naturaliste et célèbre voleur d’épices aux Hollandais. Commerson meurt en 1773 d’une pleurésie. Sans ressources immédiates, Jeanne ouvre un cabaret-billard à Port-Louis, obtenu grâce à une concession officielle.
  8. Case 08 Le 17 mai 1774, Jeanne épouse Jean Dubernat à la cathédrale de Port-Louis. Fait remarquable pour l’époque : elle exige un contrat lui permettant de conserver les deux tiers de ses biens en nom propre. Elle apporte quatre fois plus de fortune que son mari : maisons, bijoux et même des esclaves.
  9. Case 09 En 1785, à la demande de Bougainville, Louis XVI accorde à Jeanne une pension annuelle de 200 livres et la qualifie de « femme extraordinaire ». C’est la première Française pensionnée pour une contribution scientifique. Sa rente sera même versée en 1794, sous la Terreur : son statut traverse les régimes.
  10. Case 10 Jeanne meurt en 1807 à Saint-Aulaye, presque oubliée. Il faudra deux siècles pour la réhabiliter : une plante, Solanum baretiae, est nommée en son honneur en 2012, une chaîne de montagnes sur Pluton en 2018, un navire en 2022, et elle figure parmi les héroïnes des Jeux olympiques de Paris 2024. Une bergère du Morvan jusqu’aux astres.

Sources et crédits

Auteur et responsable éditorial
Julien Lepage
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