N° 396 · Ufologie · Tome 4
L'incident de Calvine cache-t-il un OVNI, un avion militaire secret ou une supercherie soigneusement dissimulée ?
Sujet : L’incident de Calvine
Le 4 août 1990, deux hommes auraient observé près de Calvine, en Écosse, un immense objet en forme de losange, silencieux et apparemment immobile, tandis qu’un avion Harrier évoluait à proximité. Ils auraient pris six photographies avant que l’objet ne disparaisse verticalement, puis transmis les clichés au Daily Record. Une photographie retrouvée trente ans plus tard a ravivé l’affaire, sans permettre d’établir la nature de l’objet.
- Auteur
- Julien Lepage
- Publié le
- Lecture
- 2 min
Lire la transcription de cette case
Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir l’incident de Calvine : le soir du 4 août 1990, en Écosse, deux jeunes cuisiniers d’un hôtel de Pitlochry font une sortie à vélo dans les landes. Vers 21 h, ils assistent sidérés au survol silencieux d’un immense objet en losange d’environ 30 mètres, accompagné d’un avion de chasse qui tourne autour. Ils prennent six photos. Ce sera le début d’une affaire qui durera 35 ans.
Lire la transcription de cette case
Les témoins font développer leurs photos et envoient six tirages couleur au Daily Record, grand quotidien écossais. La meilleure image est saisissante : l’objet est net, massif, sans aucun moyen de propulsion visible, ses bords rigoureusement géométriques. Au dos d’un tirage, quelqu’un inscrit au crayon gras rouge : « Copyright Kevin Russell c/o the Daily Record, Glasgow ». Ce nom mystérieux sera au cœur d’une quête infructueuse de plus de 400 personnes contactées dans le monde entier.
Lire la transcription de cette case
Le rédacteur photo du Daily Record transmet les tirages à Craig Lindsay, officier de presse de la RAF à Pitreavie Castle. Lindsay photocopie immédiatement l’image et la télécopie au ministère de la Défense à Londres. Le MoD réclame les négatifs originaux, que le journal envoie docilement. Ils n’ont jamais été revus. Le MoD affirme les avoir retournés ; le Daily Record jure ne jamais les avoir reçus. C’est là que commence l’effacement.
Lire la transcription de cette case
Au siège du MoD à Londres, la meilleure des six photos est agrandie en format poster et accrochée au mur d’un bureau de la section Secretariat Air Staff 2a. Nick Pope, futur responsable de la « cellule OVNI » du MoD de 1991 à 1994, la verra tous les jours — jusqu’au matin où son supérieur la décroche sans explication. Les documents déclassifiés confirment que la branche DI55, spécialisée en missiles et défense aérienne, a traité l’affaire avec la mention « sensibilité très particulière ». L’objet reste officiellement non identifié.
Lire la transcription de cette case
En janvier 1992, soit 16 mois après les faits, le MoD ordonne une deuxième analyse. Cinq acétates tirés des négatifs originaux sont envoyés au JARIC — le Centre de renseignement photographique de la RAF — pour être projetés en grand sur écran et mesurés avec précision. La mission : calculer hauteur, distance et « diamètre réel de l’objet si possible ». Le document de mission précise que l’affaire a déjà été « discutée avec l’Escadron Ops 4′ — celui qui pilotait des Harriers en Allemagne en 1990. Puis le dossier se clôt sans résultat public.
Lire la transcription de cette case
Pendant 32 ans, l’affaire Calvine n’existe pour le public que comme une rumeur. En 1996, Nick Pope mentionne brièvement « des photos écossaises » dans son livre « Open Skies, Closed Minds » — sans images. Ce que le monde connaît alors, c’est uniquement le croquis dessiné de mémoire par Craig Lindsay, l’officier de presse de la RAF qui avait vu les originaux. Ce croquis — un losange à côté d’un avion — circule dans les cercles ufologiques comme une icône. L’absence de preuve visuelle réelle renforce paradoxalement le mythe.
Lire la transcription de cette case
En août 2021, le journaliste chercheur David Clarke de Sheffield Hallam University retrouve Craig Lindsay grâce à un nom accidentellement non caviardé dans un document du MoD déclassifié. Lors de leur premier appel, Lindsay lui dit : « J’attendais que quelqu’un m’appelle à ce sujet depuis 30 ans ! » Il a conservé le tirage original — le seul survivant des six photos — dans la même enveloppe kraft, soigneusement rangé, pendant plus de trois décennies. Il refuse que Clarke le touche : au dos du tirage figure un nom qu’il veut protéger.
Lire la transcription de cette case
Le 27 juin 2022, au château de Pitreavie — là même où Lindsay avait reçu la photo 32 ans plus tôt — il la donne à Clarke et à Vinnie Adams de UAP Media UK. Le tirage est aussitôt analysé par Andrew Robinson, spécialiste en photographie à Sheffield Hallam : conclusion formelle — c’est « une photographie authentique d’une scène réelle devant l’objectif », sans aucun signe de manipulation. Le 13 août 2022, le Daily Mail publie l’image en exclusivité mondiale. La « meilleure photo d’OVNI jamais prise » est enfin visible.
Lire la transcription de cette case
Trois grandes théories s’affrontent. Hypothèse 1 — avion secret américain « Aurora » : en mars 1990, Aviation Week révèle l’existence d’un programme à 455 millions de dollars pour des « avions noirs » ; le MoD reçoit à la même époque des questions parlementaires sur ce sujet, et certains pensent que la photo en est la preuve. Hypothèse 2 — canular photographique : le chercheur Mike Bara soutient que l’objet est un sommet de montagne émergeant d’un brouillard thermique, pris pour cible d’une plaisanterie. Problème : la forme est rigoureusement géométrique et la météo du jour est incompatible. Hypothèse 3 — phénomène réel non identifié : le JARIC et le MoD ont formellement exclu le canular — sans jamais identifier l’objet.
Lire la transcription de cette case
Calvine reste officiellement non résolu. Les identités des deux témoins sont scellées jusqu’en 2072 par le MoD. Les négatifs originaux sont perdus. Cinq des six photos n’ont jamais été vues. Et pourtant : en août 2025, plus de 150 personnes se réunissent à Blair Atholl pour le 35e anniversaire. Un sentier de randonnée mène désormais jusqu’au site présumé. Ce qui fait la force de Calvine n’est pas le mystère — c’est la rigueur : une photo authentifiée, des archives gouvernementales, des chercheurs universitaires. Quelle que soit la vérité, cette affaire pose une question saine : jusqu’où un État peut-il garder un secret dans le ciel de ses propres citoyens ?
Transcription complète
Retrouvez ici le texte de l’épisode dans l’ordre de lecture.
- Case 01 Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir l’incident de Calvine : le soir du 4 août 1990, en Écosse, deux jeunes cuisiniers d’un hôtel de Pitlochry font une sortie à vélo dans les landes. Vers 21 h, ils assistent sidérés au survol silencieux d’un immense objet en losange d’environ 30 mètres, accompagné d’un avion de chasse qui tourne autour. Ils prennent six photos. Ce sera le début d’une affaire qui durera 35 ans.
- Case 02 Les témoins font développer leurs photos et envoient six tirages couleur au Daily Record, grand quotidien écossais. La meilleure image est saisissante : l’objet est net, massif, sans aucun moyen de propulsion visible, ses bords rigoureusement géométriques. Au dos d’un tirage, quelqu’un inscrit au crayon gras rouge : « Copyright Kevin Russell c/o the Daily Record, Glasgow ». Ce nom mystérieux sera au cœur d’une quête infructueuse de plus de 400 personnes contactées dans le monde entier.
- Case 03 Le rédacteur photo du Daily Record transmet les tirages à Craig Lindsay, officier de presse de la RAF à Pitreavie Castle. Lindsay photocopie immédiatement l’image et la télécopie au ministère de la Défense à Londres. Le MoD réclame les négatifs originaux, que le journal envoie docilement. Ils n’ont jamais été revus. Le MoD affirme les avoir retournés ; le Daily Record jure ne jamais les avoir reçus. C’est là que commence l’effacement.
- Case 04 Au siège du MoD à Londres, la meilleure des six photos est agrandie en format poster et accrochée au mur d’un bureau de la section Secretariat Air Staff 2a. Nick Pope, futur responsable de la « cellule OVNI » du MoD de 1991 à 1994, la verra tous les jours — jusqu’au matin où son supérieur la décroche sans explication. Les documents déclassifiés confirment que la branche DI55, spécialisée en missiles et défense aérienne, a traité l’affaire avec la mention « sensibilité très particulière ». L’objet reste officiellement non identifié.
- Case 05 En janvier 1992, soit 16 mois après les faits, le MoD ordonne une deuxième analyse. Cinq acétates tirés des négatifs originaux sont envoyés au JARIC — le Centre de renseignement photographique de la RAF — pour être projetés en grand sur écran et mesurés avec précision. La mission : calculer hauteur, distance et « diamètre réel de l’objet si possible ». Le document de mission précise que l’affaire a déjà été « discutée avec l’Escadron Ops 4′ — celui qui pilotait des Harriers en Allemagne en 1990. Puis le dossier se clôt sans résultat public.
- Case 06 Pendant 32 ans, l’affaire Calvine n’existe pour le public que comme une rumeur. En 1996, Nick Pope mentionne brièvement « des photos écossaises » dans son livre « Open Skies, Closed Minds » — sans images. Ce que le monde connaît alors, c’est uniquement le croquis dessiné de mémoire par Craig Lindsay, l’officier de presse de la RAF qui avait vu les originaux. Ce croquis — un losange à côté d’un avion — circule dans les cercles ufologiques comme une icône. L’absence de preuve visuelle réelle renforce paradoxalement le mythe.
- Case 07 En août 2021, le journaliste chercheur David Clarke de Sheffield Hallam University retrouve Craig Lindsay grâce à un nom accidentellement non caviardé dans un document du MoD déclassifié. Lors de leur premier appel, Lindsay lui dit : « J’attendais que quelqu’un m’appelle à ce sujet depuis 30 ans ! » Il a conservé le tirage original — le seul survivant des six photos — dans la même enveloppe kraft, soigneusement rangé, pendant plus de trois décennies. Il refuse que Clarke le touche : au dos du tirage figure un nom qu’il veut protéger.
- Case 08 Le 27 juin 2022, au château de Pitreavie — là même où Lindsay avait reçu la photo 32 ans plus tôt — il la donne à Clarke et à Vinnie Adams de UAP Media UK. Le tirage est aussitôt analysé par Andrew Robinson, spécialiste en photographie à Sheffield Hallam : conclusion formelle — c’est « une photographie authentique d’une scène réelle devant l’objectif », sans aucun signe de manipulation. Le 13 août 2022, le Daily Mail publie l’image en exclusivité mondiale. La « meilleure photo d’OVNI jamais prise » est enfin visible.
- Case 09 Trois grandes théories s’affrontent. Hypothèse 1 — avion secret américain « Aurora » : en mars 1990, Aviation Week révèle l’existence d’un programme à 455 millions de dollars pour des « avions noirs » ; le MoD reçoit à la même époque des questions parlementaires sur ce sujet, et certains pensent que la photo en est la preuve. Hypothèse 2 — canular photographique : le chercheur Mike Bara soutient que l’objet est un sommet de montagne émergeant d’un brouillard thermique, pris pour cible d’une plaisanterie. Problème : la forme est rigoureusement géométrique et la météo du jour est incompatible. Hypothèse 3 — phénomène réel non identifié : le JARIC et le MoD ont formellement exclu le canular — sans jamais identifier l’objet.
- Case 10 Calvine reste officiellement non résolu. Les identités des deux témoins sont scellées jusqu’en 2072 par le MoD. Les négatifs originaux sont perdus. Cinq des six photos n’ont jamais été vues. Et pourtant : en août 2025, plus de 150 personnes se réunissent à Blair Atholl pour le 35e anniversaire. Un sentier de randonnée mène désormais jusqu’au site présumé. Ce qui fait la force de Calvine n’est pas le mystère — c’est la rigueur : une photo authentifiée, des archives gouvernementales, des chercheurs universitaires. Quelle que soit la vérité, cette affaire pose une question saine : jusqu’où un État peut-il garder un secret dans le ciel de ses propres citoyens ?
Ce qu’il faut retenir
- L’observation aurait eu lieu le 4 août 1990 dans les environs de Calvine, dans le Perthshire écossais
- Les deux témoins, généralement présentés comme des employés d’hôtel, n’ont jamais raconté publiquement leur expérience et leur identité demeure incertaine
- Ils auraient photographié six fois un objet losangique accompagné visuellement par un avion identifié comme un Harrier
- Les clichés et leurs négatifs furent transmis au ministère britannique de la Défense après avoir été reçus par le Daily Record
- Le journal ne publia jamais l’histoire et les documents originaux ne sont plus localisés
- Des dossiers officiels rendus publics indiquent que le ministère ne parvint à aucune conclusion certaine sur l’objet
- Aucun vol de Harrier correspondant n’aurait été retrouvé dans les registres consultés à l’époque
- L’ancien attaché de presse de la RAF Craig Lindsay avait conservé un tirage de première génération
- Ce tirage fut retrouvé en 2019, confié aux archives de l’université Sheffield Hallam, puis dévoilé au public en 2022
- Son analyse confirme l’existence d’un véritable tirage photographique de l’époque, mais ne prouve ni les dimensions ni la nature extraterrestre de l’objet
- Les hypothèses évoquent un appareil militaire expérimental, un objet suspendu, un photomontage, une illusion de perspective ou un canular
- Aucun élément public ne permet aujourd’hui de privilégier définitivement l’une de ces explications
- Le terme « non identifié » décrit donc ici une absence d’identification et non la preuve d’un engin extraterrestre.
Sources et crédits
- Auteur et responsable éditorial
- Julien Lepage
- Date de publication
Références principales
À transmettre aux autres curieux
Partager cette découverte
Le lien mène directement à ce sujet, sans passer par la page d’accueil.
Pour approfondir
Dossiers et parcours
Continuer sur papier
Retrouvez cette BD dans le tome 4
Ce recueil réunit ce sujet et d’autres découvertes à lire, conserver et offrir.
Personnages, lieux et notions