N° 365 · Mathématiques · Tome 4
Comment le nombre i peut-il être la racine carrée de −1 ?
Sujet : I
Impossible à placer sur la droite des nombres réels, la constante i est définie par une propriété déroutante : son carré vaut −1. Loin d’être un simple artifice, elle ouvre la voie aux nombres complexes et permet de décrire avec élégance les rotations, les oscillations, les ondes, l’électricité et de nombreux phénomènes physiques. Grâce à elle, une impossibilité apparente est devenue l’un des outils les plus puissants des mathématiques.
- Auteur
- Julien Lepage
- Publié le
- Lecture
- 2 min
Lire la transcription de la case 01
Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir le nombre i, ce mystérieux symbole mathématique inventé pour répondre à une question impossible : quelle est la racine carrée d’un nombre négatif ? Accrochez-vous, l’histoire commence dans l’Italie du XVIe siècle, avec un vrai problème de calcul très concret.
Lire la transcription de la case 02
Tout commence avec Raphaël Bombelli, ingénieur italien qui asséchait des marais ! En 1572, il travaille sur la formule de son confrère Cardan pour résoudre des équations à trois inconnues. Problème : certaines équations, pourtant solvables, obligent à calculer la racine carrée d’un nombre négatif, ce qui semblait totalement impossible à l’époque.
Lire la transcription de la case 03
Bombelli a une idée audacieuse : et si on faisait « comme si » cette racine impossible existait, juste pour calculer ? Il invente des règles de calcul pour ces nombres qu’il appelle « impossibles ». Résultat stupéfiant : la méthode fonctionne et redonne la bonne réponse, une solution réelle et vérifiable, malgré ce détour par l’impossible !
Lire la transcription de la case 04
C’est le philosophe Descartes qui, en 1637, baptise ces nombres « imaginaires » — un nom resté jusqu’à aujourd’hui ! Mais attention : ce n’était pas un compliment. Descartes pensait qu’aucune quantité réelle ne correspondait à ce qu’on imaginait, et il avoue lui-même ne pas savoir calculer avec eux. Le nom est né du rejet, pas de l’admiration.
Lire la transcription de la case 05
En 1777, le génial Leonhard Euler simplifie tout : il remplace la notation encombrante racine de moins un par un simple symbole, le i, comme « imaginaire ». Mathématiquement, i au carré donne moins un, point final. Cette même année, Euler publie aussi sa fameuse formule reliant exponentielle, cosinus et sinus grâce à ce nombre i.
Lire la transcription de la case 06
Vers 1800, plusieurs mathématiciens (Wessel, Argand, puis Gauss) ont une idée révolutionnaire : représenter ces nombres imaginaires comme des points sur un plan à deux dimensions ! L’axe horizontal pour les nombres réels classiques, l’axe vertical pour les nombres imaginaires. Soudain, i devient visible, géométrique, presque tangible : c’est le plan complexe.
Lire la transcription de la case 07
En 1843, à Dublin, le mathématicien Hamilton cherche depuis des années à étendre ces nombres à l’espace en trois dimensions. En marchant sur ce pont avec sa femme, l’illumination survient : il grave sur la pierre la formule des quaternions, un système à quatre dimensions utilisant trois unités imaginaires i, j et k. Fait rare : on connaît la date et le lieu exacts de cette découverte !
Lire la transcription de la case 08
Question moderne et toujours débattue : en physique quantique, i est-il un simple outil pratique, ou une nécessité absolue de la réalité ? Des expériences menées en 2021 avec des photons intriqués semblaient prouver que oui, les nombres imaginaires sont indispensables. Mais coup de théâtre : des travaux publiés en 2025 ont remis en cause cette conclusion. Le débat reste ouvert aujourd’hui.
Lire la transcription de la case 09
Et dans la vraie vie ? Les ingénieurs en électricité utilisent i tous les jours pour calculer les courants alternatifs, mais ils le renomment j, car i désigne déjà l’intensité électrique ! On retrouve aussi i dans les fractales, comme l’ensemble de Mandelbrot, et même au cœur de l’hypothèse de Riemann, le plus grand mystère mathématique encore non résolu.
Lire la transcription de la case 10
Voilà : un nombre né d’un problème impossible, rejeté pendant trois siècles, devenu indispensable en électricité, en quantique, en fractales. i nous apprend qu’accepter temporairement l’impossible peut révéler des vérités bien réelles. Et vous, quelle autre « impossibilité » mathématique aimeriez-vous explorer la prochaine fois ?
Transcription complète
Retrouvez ici le texte de l’épisode dans l’ordre de lecture.
- Case 01 Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir le nombre i, ce mystérieux symbole mathématique inventé pour répondre à une question impossible : quelle est la racine carrée d’un nombre négatif ? Accrochez-vous, l’histoire commence dans l’Italie du XVIe siècle, avec un vrai problème de calcul très concret.
- Case 02 Tout commence avec Raphaël Bombelli, ingénieur italien qui asséchait des marais ! En 1572, il travaille sur la formule de son confrère Cardan pour résoudre des équations à trois inconnues. Problème : certaines équations, pourtant solvables, obligent à calculer la racine carrée d’un nombre négatif, ce qui semblait totalement impossible à l’époque.
- Case 03 Bombelli a une idée audacieuse : et si on faisait « comme si » cette racine impossible existait, juste pour calculer ? Il invente des règles de calcul pour ces nombres qu’il appelle « impossibles ». Résultat stupéfiant : la méthode fonctionne et redonne la bonne réponse, une solution réelle et vérifiable, malgré ce détour par l’impossible !
- Case 04 C’est le philosophe Descartes qui, en 1637, baptise ces nombres « imaginaires » — un nom resté jusqu’à aujourd’hui ! Mais attention : ce n’était pas un compliment. Descartes pensait qu’aucune quantité réelle ne correspondait à ce qu’on imaginait, et il avoue lui-même ne pas savoir calculer avec eux. Le nom est né du rejet, pas de l’admiration.
- Case 05 En 1777, le génial Leonhard Euler simplifie tout : il remplace la notation encombrante racine de moins un par un simple symbole, le i, comme « imaginaire ». Mathématiquement, i au carré donne moins un, point final. Cette même année, Euler publie aussi sa fameuse formule reliant exponentielle, cosinus et sinus grâce à ce nombre i.
- Case 06 Vers 1800, plusieurs mathématiciens (Wessel, Argand, puis Gauss) ont une idée révolutionnaire : représenter ces nombres imaginaires comme des points sur un plan à deux dimensions ! L’axe horizontal pour les nombres réels classiques, l’axe vertical pour les nombres imaginaires. Soudain, i devient visible, géométrique, presque tangible : c’est le plan complexe.
- Case 07 En 1843, à Dublin, le mathématicien Hamilton cherche depuis des années à étendre ces nombres à l’espace en trois dimensions. En marchant sur ce pont avec sa femme, l’illumination survient : il grave sur la pierre la formule des quaternions, un système à quatre dimensions utilisant trois unités imaginaires i, j et k. Fait rare : on connaît la date et le lieu exacts de cette découverte !
- Case 08 Question moderne et toujours débattue : en physique quantique, i est-il un simple outil pratique, ou une nécessité absolue de la réalité ? Des expériences menées en 2021 avec des photons intriqués semblaient prouver que oui, les nombres imaginaires sont indispensables. Mais coup de théâtre : des travaux publiés en 2025 ont remis en cause cette conclusion. Le débat reste ouvert aujourd’hui.
- Case 09 Et dans la vraie vie ? Les ingénieurs en électricité utilisent i tous les jours pour calculer les courants alternatifs, mais ils le renomment j, car i désigne déjà l’intensité électrique ! On retrouve aussi i dans les fractales, comme l’ensemble de Mandelbrot, et même au cœur de l’hypothèse de Riemann, le plus grand mystère mathématique encore non résolu.
- Case 10 Voilà : un nombre né d’un problème impossible, rejeté pendant trois siècles, devenu indispensable en électricité, en quantique, en fractales. i nous apprend qu’accepter temporairement l’impossible peut révéler des vérités bien réelles. Et vous, quelle autre « impossibilité » mathématique aimeriez-vous explorer la prochaine fois ?
Ce qu’il faut retenir
- La constante i est définie par l’égalité i² = −1
- Tout nombre complexe peut s’écrire sous la forme a + bi
- Les puissances de i suivent un cycle de quatre valeurs : i, −1, −i et 1
- La formule d’Euler relie i aux fonctions trigonométriques et à l’exponentielle
- L’identité eⁱᵖⁱ + 1 = 0 réunit cinq constantes fondamentales
- La notation i a été introduite au XVIIIᵉ siècle et popularisée par Leonhard Euler
Sources et crédits
- Auteur et responsable éditorial
- Julien Lepage
- Date de publication
Références principales
- Encyclopaedia Britannica (nouvel onglet)
- Wolfram MathWorld (nouvel onglet)
- MacTutor History of Mathematics Archive (nouvel onglet)
- Encyclopaedia Britannica, Leonhard Euler (nouvel onglet)
- Stanford Encyclopedia of Philosophy (nouvel onglet)
- Wolfram MathWorld, Euler Formula (nouvel onglet)
- Wolfram MathWorld, Euler Identity (nouvel onglet)
- University of Oxford, Mathematical Institute (nouvel onglet)
- University of St Andrews, Leonhard Euler (nouvel onglet)
- Cut-the-Knot (nouvel onglet)
À transmettre aux autres curieux
Partager cette découverte
Le lien mène directement à ce sujet, sans passer par la page d’accueil.
Continuer sur papier
Retrouvez cette BD dans le tome 4
Ce recueil réunit ce sujet et d’autres découvertes à lire, conserver et offrir.
Personnages, lieux et notions