N° 417 · Faune et flore · Tome 4

Le baobab est-il vraiment l'arbre le plus ancien et le plus mystérieux de la planète ?

Sujet : Le baobab

Dans les savanes africaines, à Madagascar et jusqu'en Australie, le baobab dresse sa silhouette colossale depuis des millions d'années. Son tronc spongieux peut stocker des milliers de litres d'eau, son fruit surpasse l'orange en vitamine C, et ses branches nues ressemblant à des racines ont engendré, sur trois continents, la même légende : celle d'un arbre planté à l'envers par les dieux pour le punir de son arrogance. Né à Madagascar il y a 21 millions d'années selon une étude génomique de 2024, il a traversé l'océan Indien à la dérive pour coloniser l'Afrique puis l'Australie. Certains spécimens ont vécu plus de 2 000 ans, abrité des bars, servi de prison, de citerne ou de lieu de culte. Aujourd'hui, les plus vieux et les plus grands meurent à un rythme sans précédent, et la science ne sait pas encore exactement pourquoi.

Auteur
Julien Lepage
Publié le
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Le baobab, case 1 : Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir le baobab : un arbre qui peut vivre plus de 2 000 ans, stocker des milliers de litres d’eau dans son tronc et pousser sur trois continents différents. Il appartient au genre Adansonia, famille des Malvacées, et il en existe 8 espèces dans le monde. Prêts ?
Case 01 — Le baobab
Lire la transcription de la case 01

Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir le baobab : un arbre qui peut vivre plus de 2 000 ans, stocker des milliers de litres d’eau dans son tronc et pousser sur trois continents différents. Il appartient au genre Adansonia, famille des Malvacées, et il en existe 8 espèces dans le monde. Prêts ?

Le baobab, case 2 : En 1749, un jeune botaniste français de 22 ans, Michel Adanson, débarque au Sénégal pour la Compagnie des Indes. Il est le premier Européen à décrire scientifiquement le baobab avec illustrations, en 1757. Le genre botanique Adansonia lui est dédié par Linné. Mais le mot « baobab » vient lui de l’arabe abu hibab : « père aux nombreuses graines ».
Case 02 — Le baobab
Lire la transcription de la case 02

En 1749, un jeune botaniste français de 22 ans, Michel Adanson, débarque au Sénégal pour la Compagnie des Indes. Il est le premier Européen à décrire scientifiquement le baobab avec illustrations, en 1757. Le genre botanique Adansonia lui est dédié par Linné. Mais le mot « baobab » vient lui de l’arabe abu hibab : « père aux nombreuses graines ».

Le baobab, case 3 : Le tronc du baobab ne forme pas de cernes annuels : impossible de le dater comme un chêne. Son bois n’est pas vraiment du bois : c’est un tissu spongieux (parenchyme aquifère) qui gonfle et se contracte selon la saison des pluies. Sa densité peut tomber à 0,09 g/cm³, dix fois moins dense que le bois ordinaire, avec jusqu’à 79 % d’eau dans ses cellules.
Case 03 — Le baobab
Lire la transcription de la case 03

Le tronc du baobab ne forme pas de cernes annuels : impossible de le dater comme un chêne. Son bois n’est pas vraiment du bois : c’est un tissu spongieux (parenchyme aquifère) qui gonfle et se contracte selon la saison des pluies. Sa densité peut tomber à 0,09 g/cm³, dix fois moins dense que le bois ordinaire, avec jusqu’à 79 % d’eau dans ses cellules.

Le baobab, case 4 : Les fleurs du baobab s’ouvrent en moins de 30 secondes à la tombée de la nuit : un spectacle visible à l’œil nu. Elles dégagent un parfum soufré qui attire les chauves-souris frugivores, principaux pollinisateurs. Mais en Afrique australe, pas de chauves-souris : ce sont des sphinx (papillons de nuit) qui font le travail. Si ces insectes disparaissent, l’arbre ne se reproduit plus.
Case 04 — Le baobab
Lire la transcription de la case 04

Les fleurs du baobab s’ouvrent en moins de 30 secondes à la tombée de la nuit : un spectacle visible à l’œil nu. Elles dégagent un parfum soufré qui attire les chauves-souris frugivores, principaux pollinisateurs. Mais en Afrique australe, pas de chauves-souris : ce sont des sphinx (papillons de nuit) qui font le travail. Si ces insectes disparaissent, l’arbre ne se reproduit plus.

Le baobab, case 5 : Dater un baobab est un défi unique. Le chercheur roumain Adrian Patrut a développé une méthode au carbone 14 adaptée aux baobabs. Découverte surprenante : un même individu est composé de plusieurs tiges-troncs fusionnées d’âges différents. Le plus vieux connu, le Panke au Zimbabwe, avait 2 450 ans. Il s’est effondré entre 2010 et 2018.
Case 05 — Le baobab
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Dater un baobab est un défi unique. Le chercheur roumain Adrian Patrut a développé une méthode au carbone 14 adaptée aux baobabs. Découverte surprenante : un même individu est composé de plusieurs tiges-troncs fusionnées d’âges différents. Le plus vieux connu, le Panke au Zimbabwe, avait 2 450 ans. Il s’est effondré entre 2010 et 2018.

Le baobab, case 6 : En 2024, une étude génomique publiée dans Nature a renversé la théorie admise : le baobab n’est pas originaire d’Afrique. Il est né à Madagascar il y a 21 millions d’années. Deux espèces seulement ont ensuite colonisé les continents voisins, probablement portées par des radeaux de végétation flottante à travers l’océan Indien.
Case 06 — Le baobab
Lire la transcription de la case 06

En 2024, une étude génomique publiée dans Nature a renversé la théorie admise : le baobab n’est pas originaire d’Afrique. Il est né à Madagascar il y a 21 millions d’années. Deux espèces seulement ont ensuite colonisé les continents voisins, probablement portées par des radeaux de végétation flottante à travers l’océan Indien.

Le baobab, case 7 : Toutes les parties du baobab sont utilisées : la pulpe du fruit contient 6 fois plus de vitamine C que l’orange et 2 fois plus de calcium que le lait. Les feuilles se cuisinent en sauce (le « lalo » sénégalais). Les graines se torréfient comme café. L’écorce, fibreuse, sert à fabriquer cordes et tissus, et l’arbre la régénère sans dommage, contrairement à presque tous les autres arbres.
Case 07 — Le baobab
Lire la transcription de la case 07

Toutes les parties du baobab sont utilisées : la pulpe du fruit contient 6 fois plus de vitamine C que l’orange et 2 fois plus de calcium que le lait. Les feuilles se cuisinent en sauce (le « lalo » sénégalais). Les graines se torréfient comme café. L’écorce, fibreuse, sert à fabriquer cordes et tissus, et l’arbre la régénère sans dommage, contrairement à presque tous les autres arbres.

Le baobab, case 8 : En Afrique du Sud (province du Limpopo), la famille van Heerden a aménagé en 1993 un bar complet dans le tronc creux du Sunland Baobab : pression à bière, banquettes, musique. Soixante personnes ont participé à une même fête dans cet arbre. Le baobab s’est effondré en 2017, probablement à cause de pluies abondantes provoquant de la pourriture interne.
Case 08 — Le baobab
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En Afrique du Sud (province du Limpopo), la famille van Heerden a aménagé en 1993 un bar complet dans le tronc creux du Sunland Baobab : pression à bière, banquettes, musique. Soixante personnes ont participé à une même fête dans cet arbre. Le baobab s’est effondré en 2017, probablement à cause de pluies abondantes provoquant de la pourriture interne.

Le baobab, case 9 : Depuis 2005, 9 des 13 plus vieux baobabs d’Afrique sont morts ou partiellement effondrés. La sécheresse est suspectée, mais aucune étude n’a encore établi de lien causal formel. À Madagascar, 3 des 6 espèces endémiques sont classées « en danger critique » par l’UICN. Et les jeunes pousses, très vulnérables aux chèvres et au bétail, se font rares.
Case 09 — Le baobab
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Depuis 2005, 9 des 13 plus vieux baobabs d’Afrique sont morts ou partiellement effondrés. La sécheresse est suspectée, mais aucune étude n’a encore établi de lien causal formel. À Madagascar, 3 des 6 espèces endémiques sont classées « en danger critique » par l’UICN. Et les jeunes pousses, très vulnérables aux chèvres et au bétail, se font rares.

Le baobab, case 10 : Le baobab pousse sur trois continents, nourrit des populations entières, inspire des mythes universels et vit plus longtemps que nos civilisations. Il est né à Madagascar il y a 21 millions d’années et a traversé l’océan à la dérive. Aujourd’hui, il meurt plus vite qu’il ne se reproduit… et on ne sait pas encore exactement pourquoi. Certaines questions restent ouvertes. C’est souvent là que commence la vraie connaissance.
Case 10 — Le baobab
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Le baobab pousse sur trois continents, nourrit des populations entières, inspire des mythes universels et vit plus longtemps que nos civilisations. Il est né à Madagascar il y a 21 millions d’années et a traversé l’océan à la dérive. Aujourd’hui, il meurt plus vite qu’il ne se reproduit… et on ne sait pas encore exactement pourquoi. Certaines questions restent ouvertes. C’est souvent là que commence la vraie connaissance.

Transcription complète

Retrouvez ici le texte de l’épisode dans l’ordre de lecture.

  1. Case 01 Bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de découvrir le baobab : un arbre qui peut vivre plus de 2 000 ans, stocker des milliers de litres d’eau dans son tronc et pousser sur trois continents différents. Il appartient au genre Adansonia, famille des Malvacées, et il en existe 8 espèces dans le monde. Prêts ?
  2. Case 02 En 1749, un jeune botaniste français de 22 ans, Michel Adanson, débarque au Sénégal pour la Compagnie des Indes. Il est le premier Européen à décrire scientifiquement le baobab avec illustrations, en 1757. Le genre botanique Adansonia lui est dédié par Linné. Mais le mot « baobab » vient lui de l’arabe abu hibab : « père aux nombreuses graines ».
  3. Case 03 Le tronc du baobab ne forme pas de cernes annuels : impossible de le dater comme un chêne. Son bois n’est pas vraiment du bois : c’est un tissu spongieux (parenchyme aquifère) qui gonfle et se contracte selon la saison des pluies. Sa densité peut tomber à 0,09 g/cm³, dix fois moins dense que le bois ordinaire, avec jusqu’à 79 % d’eau dans ses cellules.
  4. Case 04 Les fleurs du baobab s’ouvrent en moins de 30 secondes à la tombée de la nuit : un spectacle visible à l’œil nu. Elles dégagent un parfum soufré qui attire les chauves-souris frugivores, principaux pollinisateurs. Mais en Afrique australe, pas de chauves-souris : ce sont des sphinx (papillons de nuit) qui font le travail. Si ces insectes disparaissent, l’arbre ne se reproduit plus.
  5. Case 05 Dater un baobab est un défi unique. Le chercheur roumain Adrian Patrut a développé une méthode au carbone 14 adaptée aux baobabs. Découverte surprenante : un même individu est composé de plusieurs tiges-troncs fusionnées d’âges différents. Le plus vieux connu, le Panke au Zimbabwe, avait 2 450 ans. Il s’est effondré entre 2010 et 2018.
  6. Case 06 En 2024, une étude génomique publiée dans Nature a renversé la théorie admise : le baobab n’est pas originaire d’Afrique. Il est né à Madagascar il y a 21 millions d’années. Deux espèces seulement ont ensuite colonisé les continents voisins, probablement portées par des radeaux de végétation flottante à travers l’océan Indien.
  7. Case 07 Toutes les parties du baobab sont utilisées : la pulpe du fruit contient 6 fois plus de vitamine C que l’orange et 2 fois plus de calcium que le lait. Les feuilles se cuisinent en sauce (le « lalo » sénégalais). Les graines se torréfient comme café. L’écorce, fibreuse, sert à fabriquer cordes et tissus, et l’arbre la régénère sans dommage, contrairement à presque tous les autres arbres.
  8. Case 08 En Afrique du Sud (province du Limpopo), la famille van Heerden a aménagé en 1993 un bar complet dans le tronc creux du Sunland Baobab : pression à bière, banquettes, musique. Soixante personnes ont participé à une même fête dans cet arbre. Le baobab s’est effondré en 2017, probablement à cause de pluies abondantes provoquant de la pourriture interne.
  9. Case 09 Depuis 2005, 9 des 13 plus vieux baobabs d’Afrique sont morts ou partiellement effondrés. La sécheresse est suspectée, mais aucune étude n’a encore établi de lien causal formel. À Madagascar, 3 des 6 espèces endémiques sont classées « en danger critique » par l’UICN. Et les jeunes pousses, très vulnérables aux chèvres et au bétail, se font rares.
  10. Case 10 Le baobab pousse sur trois continents, nourrit des populations entières, inspire des mythes universels et vit plus longtemps que nos civilisations. Il est né à Madagascar il y a 21 millions d’années et a traversé l’océan à la dérive. Aujourd’hui, il meurt plus vite qu’il ne se reproduit… et on ne sait pas encore exactement pourquoi. Certaines questions restent ouvertes. C’est souvent là que commence la vraie connaissance.

Ce qu’il faut retenir

  • Le baobab appartient au genre Adansonia, qui compte 8 espèces réparties en Afrique, à Madagascar et en Australie
  • son tronc spongieux ne forme pas de cernes annuels, rendant sa datation impossible sans carbone 14
  • une étude génomique publiée dans Nature en 2024 a établi que le baobab est originaire de Madagascar et non d'Afrique comme on le croyait
  • son fruit, le "pain de singe", contient six fois plus de vitamine C que l'orange et est reconnu comme "Novel Food" par l'Union européenne depuis 2008
  • 9 des 13 plus vieux baobabs d'Afrique sont morts ou partiellement effondrés entre 2005 et 2017, sans cause formellement établie
  • 3 des 6 espèces endémiques de Madagascar sont classées en danger critique d'extinction par l'UICN

Sources et crédits

Auteur et responsable éditorial
Julien Lepage
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